jeudi 5 décembre 2019
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Trois des anciens gendarmes d’Antibes otages à Gossanah ont déposé une gerbe devant la stèle du major Moulié ( Photo D.C/L’Essor)

30 ème anniversaire des tragédies de Fayaoué et Ouvéa : émouvant hommage des anciens de l’escadron d’Antibes au major Georges Moulié

Certains comme André Roncin, 81 ans, ont fait l’Algérie et sont en retraite depuis longtemps,  d’autres, de tous grades,  sont en activité,  et sont venus de tous les coins de France : comme ils le font depuis la création d’un groupe sur Facebook en 2014 par deux gendarmes, les anciens de l’escadron de Gendarmerie mobile d’Antibes se sont retrouvés à Antibes avec leurs conjoints pour une journée familiale.  Ainsi, ce sont trois générations d’anciens de l’escadron qui sont en relation sur ce groupe privé Facebook qui compte 264 membres dont plusieurs généraux dont l’un est en activité, le général Jean-Marc Descoux qui commande la Guadeloupe et qui a commencé comme gendarme à l’escadron tout comme le colonel Laurent Le Goff, commandant en second des forces aériennes de la Gendarmerie.

La date du 21 avril n’avait pas été choisie au hasard, et les nombreux anciens de l’escadron 7/22 d’Antibes (devenu 24/6) ont commémoré le 30 ème anniversaire de la mort de l’un de leurs camarade, le major Georges Moulié, décédé le 24 avril 1988 dans un hôpital de Sydney en  Australie, après avoir été blessé lors de l’attaque de la brigade de Fayaoué alors qu’il était déplacé avec l’escadron en Nouvelle Calédonie.

Une cérémonie s’est également tenue à Paris dimanche ainsi qu’à Ouvéa (ci-dessous) et à Villeneuve d’Ascq

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En préambule et avant de retracer la tragédie dans un silence religieux sur la place d’armes, le  major Christian Kittler, commandant du 4 ème peloton de l’escadron a tenu à préciser que “par delà l’hommage rendu à notre camarade, à sa famille qui a tant souffert, c’est bien entendu vers tous les morts de la gendarmerie que se tournent nos pensées”.

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“Aujourd’hui, parce qu’il nous faut saluer cette fraternité d’armes qui unit les militaires dans les situations difficiles, nous ne pouvons faire moins que d’associer à cet hommage les gendarmes et les militaires de l’armée de terre acteurs du même drame, et qui ont, eux aussi, accompli jusqu’au sacrifice suprême leur devoir au service de la loi a déclaré le  major Kittler qui  a cité le nom des camarades d’infortune du major Moulié  qui doivent être gravés dans nos mémoires afin  que se perpétue le souvenir des autres militaires de l’arme” :  Edmond Dujardin en poste à la brigade de Fayaoué, Daniel Leroy et Jean Zawadski, de l’escadron 2/5 de Villeneuve d’ascq, tous trois tués le 22 avril 1988 lors de l’attaque de la brigade.
“Notre reconnaissance se porte, tout autant, vers l’adjudant Régis Pedrazza et son équipier le soldat Jean-Yves Veron, tous deux membres du 11ème choc et tués le 5 mai 1988 alors qu’ils participaient à l’assaut mené par les forces de l’ordre contre la grotte de Gossanah” a encore dit le major.
Une gerbe a ensuite été déposée par trois anciens gendarmes de l’escadron otages dans la grotte de Gossanah : l’adjudant-chef Alain Tripier,  le maréchal-des-logis Christian Sezanne, le capitaine Pascal Mery.

Ils étaient accompagnés du colonel (ER) Alain Benson, alors adjoint au commandant des unités territoriales de Nouvelle-Calédonie lors des évènements, du général (2S) Georges Boggio Pola, ancien commandant de l’escadron, et du major Francis Schneider,  représentant le capitaine Paul Sandevoir,  commandant actuel de l’escadron, déplacé en Nouvelle Calédonie où il devait se rendre avec une délégation à Ouvéa le 22 avril afin de déposer une gerbe devant la stèle en hommage aux gendarmes de la brigade de Fayaoué.  (ci-dessus)

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D.C

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4 Commentaires

  1. Ayme Jacinthe

    Bonjour, Je participe à ce souvenir d’autant plus que mon mari Célestin Ayme aurait dû être avec eux s’il n’avait pas pris sa retraite. Avez-vous une adresse e.mel ? j’aimerais vous parler d’un autre sujet Bien à vous J.Ayme

  2. Une Compagnie d’instruction de l’E.S.O.G. de CHATELLERAULT où mon fils était élève l’avait choisi comme parrain : il y a déjà quelques années…

  3. PEREZ Jacques

    Bravo à cet hommage ! J’ai vécu à distance l’assaut, car je me trouvais à Koné avec mon escadron 11/11 de GM de Mt de Marsan en occupant le grade de Mdl/Chef. Dure époque, où nous étions arrivés un mois avant ce drame. Puis j’ai participé à la rénovation de cette stèle en 1996 car je me trouvais à Ouvéa dans cette malheureuse brigade, et ce, du mois d’août au mois de novembre en qualité de responsable du détachement VBRG de l’escadron 15/2 de La Réole, au grade d’adjudant. Devant la vétusté (…) de l’ouvrage, nous avions décidé spontanément de la rénover totalement, en faisant venir par Transall depuis Nouméa nombre de matériaux. A son achèvement, une prise d’armes du peloton avait eu lieu avec la présence du GOMO déplacé sous les ordres du Lieutenant-Colonel Danède, qui commandait alors le Groupement I/2 de GM de Bouliac lequel avait amené une magnifique gerbe de fleurs depuis Nouméa (autorité qui a terminé au grade de Général de Division = un grand Chef). Cette cérémonie avait en sus fait l’objet d’un article avec photo sur le GendInfo de l’époque. Pour la petite histoire, nous avions déposé sous le carrelage une bouteille de bière de “Number One” avec à l’intérieur la liste des personnels du détachement qui ont travaillé à ladite réfection. Ne jamais oublier ses/ces anciens qui sont morts, et notamment sur ce bout de terre de France où 21 de nos camarades sont tombés de 1983 à 1988 (…). Malgré ma poursuite en gendarmerie mobile qui s’est terminée comme commandant d’escadron en décembre 2007 dans la 3ème LGM, je ne suis jamais revenu sur le “caillou” depuis ce passage de 1996. Dans le cas contraire, cela aurait été une obligation pour moi de revenir en ces lieux que j’avais fort modestement rénové, afin de saluer leur mémoire. Paix à eux et merci de ne pas les oublier, et de facto vous saluez pareillement par ce geste leur famille. Chapeau à l’active et aux retraités.

  4. MALFIONE James

    Mon Cher “Jacquot”, je n’ai pas eu la chance d’aller en Nelle Calédonie (je prenais la retraite quand mon ex EGM 9/15 de Romans y partait) mais je sais que tu as du y vivre des moments intenses et tendus, tant sur le plan relationnel (entre les différentes communautés) que sur le plan sécuritaire.
    Espérons seulement que cette tragédie soit vite oubliée et laisse place à une nouvelle société où les personnes pourront se parler sans peur et sans reproches; tout cela sans oublier ceux qui ont disparus au service de la France ni occulter ces évènements dramatiques.
    Ton vieux pote Jimmy

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