mercredi 22 mai 2019
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Reconstitution d'une scène de meurtre dans le cadre de l'exposition "Les sciences du crime", au Musée de la Gendarmerie à Melun. Crédit : ND/Essor.
Reconstitution d'une scène de meurtre dans le cadre de l'exposition "Les sciences du crime", au Musée de la Gendarmerie à Melun. Crédit : ND/Essor.

L’enquête des gendarmes sur le meurtre de Patricia Bouchon sauvée par les jurés

Vingt ans de réclusion criminelle. Vendredi 29 mars, les jurés de la cour d’assises de Haute-Garonne n’ont pas eu de doutes sur la culpabilité de Laurent Dejean en le condamnant pour le meurtre de Patricia Bouchon. En 2011, près de six semaines après la disparition de cette joggeuse de 49 ans, son corps était découvert par un chasseur à la recherche de son chien.

La condamnation, dont l’accusé a fait aussitôt appel, a validé l’enquête menée par les gendarmes pourtant malmenée par… l’avocat général. Ce dernier avait requis, après onze jours de procès, l’acquittement de l’aide-plaquiste, faute de preuves. Ce jeudi 28 mars, l’accusation n’est alors soutenue que par la partie civile.

Une cellule dédiée, Disparition 31

Saisie après la disparition de la joggeuse, le 14 février au petit matin, la Gendarmerie avait mis les gros moyens pour dénouer cette affaire. D’abord en organisant une fouille des environs de Bouloc, avec l’aide de deux escadrons de gendarmerie mobile et de plongeurs. Puis, une fois le corps découvert, en recueillant les indices sur la scène de crime et en mettant en place une cellule d’enquêteurs dédiés, appelée Disparition 31.

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Il faudra attendre décembre 2013 pour que l’enquête des gendarmes progresse, avec la diffusion d’un portrait-robot du conducteur suspect d’une Clio présente sur la route de Patricia Bouchon. Un témoin contacte les militaires : cet homme, il le connaît. Il semble correspondre à celui de Laurent Dejean, déjà entendu dans l’enquête, un trentenaire souffrant de schizophrénie paranoïde.

A l’époque, le suspect déclare aux gendarmes qu’il travaillait le jour du meurtre et qu’il ne possède pas de Clio. Trente témoins affirmeront aux enquêteurs que Laurent Dejean utilisait durant cette période une voiture de cette marque. Ce sera la piste la plus solide des gendarmes dans cette affaire tentaculaire. En tout, 61 pistes ont été étudiées au travers de plusieurs dizaines de milliers de procès-verbaux.

Les expertises biologiques ne permettront pas cependant d’apporter une preuve formelle de la présence du suspect sur la scène de crime. Ces dernières “ont permis de mettre en évidence deux profils génétiques masculins incomplets qui n’ont pu être utilement exploités malgré des investigations exceptionnelles en la matière, laissant planer un doute certain sur la qualité des opérations biologiques réalisées en raison d’un matériel biologique dégradé“, écriront les magistrats dans l’ordonnance de mise en accusation. Une absence de la reine des preuves, l’ADN, qui n’aura finalement pas fait hésiter les jurés.

G.T.

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2 Commentaires

  1. Petitcoucou

    Anacrim pour cette affaire. A mon avis, ce ne serait pas un luxe.

  2. Chodié

    Bonjour, je vais peut être vous paraître “vieux jeu”, mais je pensais qu’il ne fallait pas entourer le corps de la victime avec du papier collant ou autre afin de ne pas polluer plus la scène de crime. Qu’en pensez vous ?

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