samedi 6 juin 2020
Accueil / L'actualité Occitanie / Incendie du péage de Narbonne: les regrets des prévenus
Les locaux d'ASF après les exactions (Photo Préfecture de l'Aude)
Les locaux d'ASF après les exactions (Photo Préfecture de l'Aude)

Incendie du péage de Narbonne: les regrets des prévenus

Effet de foule, alcool, excitation… Ce sont les mots de quelques uns des 31 prévenus du procès du saccage du peloton d’autoroute et du péage de Narbonne-Sud. L’affaire est jugée depuis ce lundi 9 décembre par le tribunal correctionnel de Narbonne (Aude).

A la barre, les trois femmes et 28 hommes ont commencé à s’expliquer. Un an après l’émeute de la nuit du 1er au 2 décembre 2018, en pleine mobilisation de Gilets jaunes, ils ont semblé bien dépassés par les conséquences de leurs actes. Exemple avec Sébastien, sans domicile fixe depuis plusieurs années et dépendant à l’alcool au moment des faits. “J’avais bu, c’était le mouvement, la bêtise, j’ai pas réfléchi”, explique cet homme de 36 ans. Ou encore avec Pierre-Jean, 36 ans également. Ce père de deux enfants, sans emploi était sous l’emprise de l’alcool ce soir-là. Les deux hommes, qui comparaissant en détention provisoire, ont reconnu avoir jeté des pierres sur les gendarmes.

“Une horde de barbares déchaînés” au péage de Narbonne

Le déchaînement de violence de cette nuit d’hiver justifie la tenue de ce procès hors normes d’une dizaine de jours. Les prévenus doivent répondre notamment de “violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique“, “destruction volontaire de biens” et “vols et recels de matériel de Gendarmerie“. Le 32e mis en cause, mineur, sera jugé ultérieurement. Les prévenus risquent pour certains jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et des amendes de plusieurs milliers d’euros.

Lire aussi sur L’Essor : L’incendie du peloton d’autoroute de Narbonne enfin jugé

A l’ouverture du procès, lundi, le colonel Marc Gonnet, commandant du groupement de gendarmerie de l’Aude, a dressé le sombre tableau “d’une horde de barbares déchaînés“. De fait, des vidéos diffusées à l’audience ont montré d’invraisemblable scènes de liesse et de chaos. C’est d’ailleurs en particulier grâce à des photos et des vidéos postées sur les réseaux sociaux que les suspects ont été identifiés.

Qui sont les prévenus? Certains sont chômeurs, d’autres des précaires au bord de la désocialisation. Chauffeur-routier père de deux enfants, Stéphane, poursuivi notamment pour le recel d’une veste de gendarme, “a du mal à finir les fins de mois” et “aspirait à vivre plus dignement”. “Je me suis laissé dépasser par la foule”, raconte encore Adrien. L’employé dans un fast-food reconnaît avoir jeté “cinq ou six cailloux” sur des gendarmes.

Procès sous haute sécurité

Tous disent regretter leur participation à cette nuit de violence, motivée par une “curiosité malsaine” comme le raconte Frédéric. Cet homme de 30 ans, père d’une petite fille, est employé en cuisine pour 350 euros par mois. Quant à Pierre, au chômage, il reconnaît la destruction d’une barrière de péage mais “involontairement”. Il en a “honte aujourd’hui” et se dit  “sincèrement désolé auprès de Vinci et de la Gendarmerie”. Un discours qui tranche, relève la procureure de la République de Narbonne, Marie-Agnès Joly, avec “l’acharnement” des prévenus ce soir-là. Le procès, qui se tient sous haute sécurité rapporte L’Indépendant, se poursuivra toute la semaine, avec lundi prochain, l’audition des parties civiles, soit de nombreux gendarmes de l’Aude. Il doit durer jusqu’au 20 décembre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *