mardi 24 novembre 2020
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Crashs mortels d’hélicoptères de la sécurité civile: les mises en examen de responsables annulées

Hélico EC 145 sécurité civile
Ec 145 hélicoptère sécurité civile ( photo http://www.helico-dragon.com/presentation/moyens/)

 

La justice a annulé mardi la mise en examen de deux ex-responsables de la Sécurité civile, pour homicides et blessures involontaires, pour des accidents d’hélicoptères qui avaient fait quatre morts dans les Hautes-Pyrénées en 2003 et 2006, deux CRS secouristes en montagne et deux agents de la Sécurité Civile, un pilote et un mécanicien.

La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Pau a ordonné l’annulation de la mise en examen des deux principaux responsables du Groupement d’hélicoptères de la Sécurité civile de Pau à l’époque, dans des délibérés faisant suite à des audiences distinctes fin février puis en mars, a-t-on précisé auprès des parties et du parquet général.
Aux audiences, le parquet général avait requis la nullité des mises en examen prononcées à l’été 2016.
Les deux accidents étaient survenus dans les Hautes-Pyrénées à moins de trois ans d’intervalle et sur le même type d’appareil, des hélicoptères de secours EC 145, fabriqués par Airbus Helicopters (ex-Eurocopter).  ( Les mêmes qu’en gendarmerie)
Dans le premier, le 20 juillet 2003, l’appareil avait heurté la montagne dans le secteur de l’Arbizon. Un CRS secouriste en montagne  avait été tué et deux autres membres d’équipage grièvement blessés, dont le pilote qui comptait 7.000 heures de vol.

Lors du second, le 5 juin 2006, l’hélicoptère était parti en vrille et s’était écrasé à l’issue d’une manoeuvre dans le secteur de Gavarnie. Trois occupants –le pilote, un mécanicien et un CRS avaient été tués– et un CRS avait été grièvement blessé.
Une enquête préliminaire, portant notamment sur l’autorisation de mise en service des appareils concernés, avait été classée sans suite en 2008 par le parquet de Tarbes, mais une information judiciaire avait été ouverte à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée par l’avocat de familles de victimes du crash de 2006.

“Immense déception des parties civiles” 

Cet avocat, Me Pierre Santi, a exprimé mardi à l’AFP l'”immense déception” des parties civiles dans un dossier qui “après onze ans n’avance pas, ce qui est inacceptable”. Un “dossier sensible”, selon lui, en raison du “très gros enjeu économique qu’est le marché mondial des hélicoptères”, et où l’on se heurte à la “ritournelle du ni responsable, ni coupable”.
“Nous réclamons depuis des années la mise en examen d’Airbus Helicopters“, sur la base d’expertises “qui disent qu’il y avait un défaut de conception, de fabrication”, a insisté l’avocat. A l’audience à huis clos en février, il avait plaidé que l’ex patron des hélicoptères de la Sécurité civile,  le général Bertrand Gaussères “n’était pas le seul responsable, mais bien un des responsables“, de par sa position, et pour avoir depuis le premier crash de 2003, “été informé” de la dangerosité de l’appareil.
Me Jean-Yves Liénard, avocat du général, avait pour sa part plaidé que l’officier “n’avait eu aucune prise sur les événements, ni de près, ni de
loin”, son seul rôle ce jour-là étant “de diligenter une manoeuvre en montagne, qui s’était parfaitement bien passée”. L’accident était survenu
après la manoeuvre, lors d’un retour sur le site.
C’est un hélicoptère qui posait des problèmes de conception. Il est évident que ce n’est pas le général qui a conçu l’appareil“, avait alors
résumé Me Liénard.
Me Santi, avocat des parties civiles pour le crash de 2006, a indiqué avoir déposé mi mars une requête en dépaysement de l’instruction auprès du Procureur général de Pau, “dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice”.

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