L'Essor

Nouvelles dégradations à l’usine de Vale en Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie : des gendarmes effectuent des contrôles (Photo d'illustration : COMGend de Nouvelle-Calédonie).

Nouvelle-Calédonie : des gendarmes effectuent des contrôles (Photo d'illustration : COMGend de Nouvelle-Calédonie).

En Nouvelle-Calédonie, l’usine de nickel de Vale, adossée au gisement de Goro, a de nouveau subi des incendies et des dégradations. C’est ce qu’a rapporté mardi 15 décembre la direction de l’entreprise qui dénonce “des actes de sabotage dont l’objectif est de nuire, détruire et blesser”.

Plusieurs départs de feu se sont déclarés en début de soirée lundi. Ils ont détruit un stock de pneus et différents engins miniers. Une partie des bureaux de ce site classé Seveso a également de nouveau brulé. Le dépôt d’hydrocarbure a heureusement été sécurisé par les pompiers qui sont intervenus sous la protection de la gendarmerie. Mais l’arrivée des secours sur les lieux a été compliquée par l’état du site, déjà dégradé. La semaine dernière, lors de précédents incidents, des émeutiers avaient coupé un tuyau d’eau et creusé une tranchée sur la route, la rendant difficilement impraticable.

De fait, malgré l’intervention rapide des gendarmes mobiles chargés de surveiller et de protéger le site industriel, les incendiaires ont réussi à s’enfuir. Il s’agirait de deux individus.

Le ministre des outre-mer tente de désamorcer la crise en Nouvelle-Calédonie

D’après Nouvelle-Calédonie la 1ere, des dizaines de millions d’euros de pertes sont à prévoir pour l’usine “alors que les cours du nickel ont atteint leur plus haut annuel”. En outre, ces nouveaux dégâts pourraient retarder encore la reprise de la production d’un site à l’arrêt et sous protection des forces de l’ordre depuis une semaine.

Mercredi, l’officialisation par le groupe brésilien Vale de la vente de son usine du Sud au consortium Prony Resources a engendré une flambée de violences sur le Caillou. Le collectif “Usine du sud : usine pays” et l’Instance coutumière autochtone de négociations (ICAN), soutenus par les indépendantistes du FLNKS, estiment en effet qu’elle consacre “la mainmise des multinationales sur les richesses du pays” et prônent une nationalisation des ressources du gisement de Goro. Jeudi 10 décembre, les gendarmes ont repoussé plusieurs tentatives d’intrusion. Les militaires ont même dû faire usage de leurs armes pour repousser deux pickups qui fonçaient sur eux devant l’entrée du site. La direction de l’usine avait alors pris la décision d’évacuer son personnel. 

Lire aussi: Usine de Vale en Nouvelle-Calédonie : les gendarmes contraints d’ouvrir le feu

Depuis ces événements, le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, tente de désamorcer la crise. Selon l’AFP, des responsables du FLNKS, lui “ont transmis [leurs] positions” par visioconférence. Un nouvel entretien devrait avoir lieu en fin de semaine.