mardi 16 juillet 2019
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Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

Un gendarme du Calvados condamné pour “harcèlement sexuel” sur une gendarme adjointe volontaire

Le tribunal correctionnel de Caen (Calvados) a condamné mardi un gendarme de 32 ans à quatre mois de prison avec sursis pour “harcèlement sexuel” sur une ancienne gendarme adjoint volontaire (GAV) de 19 ans. Les faits reprochés sont survenus entre 2016 et 2017 au sein d’une unité du département.

Le parquet avait requis six mois de prison avec sursis.

Le maréchal des logis-chef devra également verser 500 euros de dommages et intérêts à sa victime, qui a quitté la Gendarmerie depuis les faits. Il devra également lui verser 500 euros supplémentaires pour ses frais de justice.
Le sous-officier, désormais affecté dans la Manche entretenait depuis plusieurs mois des relations “troubles” et “alambiquées” avec sa jeune collègue. Décrit comme un homme “rustre” et “bourru”, il lui avait notamment envoyé deux SMS “dont la teneur ne pouvait que perturber” la victime, a constaté Carole Etienne, pour le parquet.

Sous couvert d’humour, le militaire avait écrit, entre autres grossièretés à caractère sexuel,  à “cette petite chose” qu’il souhaitait “la faire transpirer“.

C’est un dossier qui n’honore pas la gendarmerie. Ma cliente a été livrée à un comportement véritablement machiste“, a plaidé l’avocat de la jeune femme, après avoir insisté sur les antécédents du militaire. Le sous-officier avait déjà reçu un blâme de sa hiérarchie pour avoir tenu des propos “outrageants” à l’égard d’une autre militaire.

Alertée de la situation, c’est la hiérarchie qui a prévenu le parquet, en octobre 2017. Inquiète à l’idée de se retrouver seule avec son agresseur, la jeune GAV redoutait de devoir partir en patrouille avec lui. Entendu par les enquêteurs, un collègue du sous-officier s’était confié sur son comportement parfois “alambiqué”.

Selon lui, il  pouvait notamment exiger d’une conductrice contrôlée au volant qu’elle lui présente son triangle de signalisation, rangée au fond du coffre, “uniquement pour qu’elle se baisse”, a détaillé le président du tribunal. “On mélange ici le droit et la morale”, a critiqué Me Jean-Marie Agnès, l’avocat du prévenu.

Un comportement “de prédateur”

Selon l’expert-psychiatre qui l’a rencontré, le militaire avait “un comportement de prédateur” vis-à-vis de ses subordonnées féminines. “J’avais un langage qui n’était pas à sa place, mais il n’y a jamais eu de harcèlement”, s’est défendu l’intéressé. “Ma carrière est brisée, littéralement. Mon dossier est noirci pour un certain nombre d’années”, a soupiré le sous-officier.

En défense, l’homme a dénoncé le comportement de la victime, comparée à “une allumeuse”. Selon son avocat, l’ancienne GAV décrivait “à l’envie” ses expériences sexuelles avec tous ses collègues, à qui “elle livrait son intimité“. A ses yeux, la jeune femme aurait agi par vengeance, n’ayant pas accepté une réprimande de son supérieur.
“C’est une femme qui a pu sembler complaisante, mais jamais consentante“, a tonné la procureure de la république. Dans ce dossier, “les limites ont été dépassées”, a tranché la représentante du ministère public.

BM (PressPepper)

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