jeudi 1 octobre 2020
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prison ferme pour deux migrants

Le palais de justice de Caen (Illustration S.D/L'Essor).
Le palais de justice de Caen (Illustration S.D/L'Essor).

Rébellion contre les gendarmes et les agents de sécurité :

prison ferme pour deux migrants

Deux Soudanais ont été condamnés lundi en correctionnelle à Caen à respectivement quatre et six mois de prison, l’un pour rébellion, l’autre pour violence à l’égard de gendarmes alors que ces migrants étaient ivres sur le port de Ouistreham.

Ferry au port de Ouistreham (Photo d’illustration/S.D/L’Essor).

Le tribunal, qui a aussi demandé le placement sous mandat de dépôt des prévenus, a été plus clément que le parquet qui avait requis huit et douze mois de prison ferme après avoir dénoncé des “violences parfaitement inadmissibles“.

Les deux hommes ont été interpellés samedi par des agents de sécurité du port alors qu’ils étaient agrippés à l’essieu d’un camion pour tenter de passer en Angleterre.

Selon un gendarme appelé en renfort puis blessé à la main, l’un des prévenus a notamment donné “deux coups de poing très violents” à un agent de sécurité qui a reçu 10 jours d’ITT (incapacité totale de travail). L’autre prévenu a notamment donné un coup à un gendarme en tentant de fuir.

Les deux migrants, qui disent être mineurs mais sont majeurs selon le parquet, ont été condamnés à payer en tout, l’un 300 euros de dommages et intérêts, l’autre 900 euros, aux parties civiles (trois gendarmes et quatre  agents de sécurité).

Je vous jure que je ne suis pas venu ici pour frapper. Je veux juste passer en Angleterre (…) Je ne me souviens de rien mais ce qui est dit devant un tribunal doit être vrai“, a déclaré à la barre le prévenu soudanais finalement condamné à six mois ferme.

Je présente mes plus profondes excuses. J’avais bu. Je me suis énervé quand j’ai vu mon camarade à terre. J’ai peut-être frappé mais en aucun cas je n’en ai eu l’intention“, a dit l’autre homme, condamné à quatre mois de prison. Les deux jeunes Soudanais, également condamnés pour tentative d’intrusion  sur le port, ont expliqué être passés par la Libye et la Méditerranée avant de  rejoindre la France.

Il me paraît difficile de condamner une personne parce qu’elle fuit le pays” alors même qu’elle fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire, a plaidé Denis Lescaillez, avocat de l’un des Soudanais, “c’est le paradoxe de cette affaire” dans laquelle son client “se heurte à tous les  murs“.

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