dimanche 9 août 2020
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Échange convivial entre les gendarmes Christian Ozanne et Laurent Capelle et Jean-Marie Caillard, fondateur du Camp Arizona, dans l'épicerie « années 1940 » qu'il a reconstituée à Carentan. Les visites régulières des gendarmes aux élus, commerçants et chefs d'entreprise sont appréciées. Photo Christian Curtenelle

Dans la Manche, la brigade de contact renoue avec l’ADN du gendarme (reportage)

Depuis le 9 avril, la compagnie de Gendarmerie de Saint-Lô (Manche) a mis sur pied une brigade territoriale de contact, à titre expérimental.  Objectif : renouer avec la proximité qui est l’essence même du gendarme à travers des missions de prévention et de renseignement.

Visite à un boulanger-pâtissier. L’occasion de mettre à jour les fichiers pour pouvoir prévenir les commerçants, de jour comme de nuit mais l’échange permet aussi de prendre le “pouls” d’un quartier. Photo Christian Curtenelle
Entretenir un contact permanent avec la population est la mission de la brigade dans un double objectif de prévention et de renseignement. Photo Christian Curtenelle

“Bonjour ! Comment ça va ?” Le ton est chaleureux , le sourire rayonnant sur le visage de la commerçante. La scène ne semble étonner personne dans la file d’attente des clients. Aujourd’hui, les gendarmes Christian Ozanne et Laurent Capelle visitent une boulangerie du centre de Carentan.
Nous mettons à jour nos fiches pour pouvoir contacter les commerçants en cas de problème. C’est aussi une manière d’établir un contact direct avec les gens”, explique Christian Ozanne.
Les deux militaires appartiennent à la brigade de contact crée à titre expérimental sur le ressort de la compagnie de Saint-Lô.
Nous sommes dans une zone relativement rurale à faible délinquance. Il n’y a ici aucun sentiment d’insécurité. Mais on peut encore aller plus loin. Et le contact permet d’aller encore plus loin dans la prévention”, explique le chef d’escadron Damien Reaud, commandant la compagnie.
La compagnie – 88 personnels – compte, outre la brigade de recherche et le PSIG, deux brigades autonomes (BTA) et deux communautés de brigades (COB). C’est sur la base de ce maillage que s’est formée la brigade de contact.
Nous avons fait appel à des personnels volontaires, issus de chacune des quatre unités de terrain, avec une forte ancienneté, afin qu’ils soient parfaitement identifiés”, explique le commandant Reaud.
L’Adudant-chef Achard Piedagnel et les gendarmes Christian Ozanne et Laurent Capelle comptent tous plus de 15 ans de service. La gendarme Alissa Desriaux fait figure de benjamine avec six ans d’ancienneté mais a été en poste trois années à Thorigny-les-Ville et trois ans à Carentan.
Les quatre militaires fonctionnent en binôme, une équipe couvrant le nord du secteur, l’autre le sud. Et chacune des deux équipes se relaient pour assurer la permanence de week-end.
On ne remplace pas la brigade locale. On apporte même notre concours ou notre renfort car nous conservons évidemment toutes nos prérogatives”, précise l’adjudant-chef Piedagnel.

“Notre mission, c’est d’être constamment sur le terrain à la rencontre de la population. Et c’est ce qu’apprécient les chefs d’entreprise, les commerçants, les élus : un contact sans arrière-pensée .”

L’adjudant-chef Achard Piedagnel et les gendarmes Alissa Desriaux, Christian Ozanne et Laurent Capelle forment la brigade territoriale de contact de la compagnie de Saint-Lô. Photo Gendarmerie nationale

“Je n’avais jamais vu des gendarmes venir chez moi. Le fait de pouvoir échanger avec eux, de les voir à l’heure de la fermeture, de parler de ce qui se passe dans le quartier, c’est rassurant“, confirme Cyrille,un boulanger de Carentan.
Plus loin, les militaires rendent visite à Jean-Marie et Sylvie Caillard, les responsables du camp Arizona dédié aux collectionneurs férus d’histoire du Débarquement qui viennent d’accueillir plus de 30 000 personnes pour les commémorations. L’occasion, autour d’un café, d’évoquer les grands moments et les petits incidents qui ont émaillé les jours derniers. “C’est important car cela va nous permettre de faire remonter des informations au groupement en vue de la préparation du 75e anniversaire, l’an prochain”, souligne Christian Ozanne.
Dans un autre domaine, la brigade, qui travaille avec la référente sûreté du groupement, a déjà permis à quatre entreprises de reconsidérer le renforcement de leur dispositif de sécurité.
Les quatre militaires sont réellement enthousiasmés : “c’est l’éclate totale !”. “On revient aux fondamentaux. Le contact, c’est l’ADN du gendarme. Quand j’ai commencé, les anciens expliquaient que notre travail c’était 80 % de prévention et 20 % de répression. Nous y revenons“, se réjouit l’adjudant-chef Piedagnel.

Christian Curtenelle

 

Un outil de renseignement efficace La brigade de contact est non seulement un outils efficace en terme de prévention mais aussi dans le domaine du renseignement territorial. A arpenter rues commerçantes et campagne, les militaires recueillent foule d’informations qui permettent de détecter les “signaux faibles“. Dans l’arrondissement de Saint-Lô, à forte vocation laitière, les visites aux agriculteurs permettent ainsi de saisir bien en amont les prémices d’actions lorsqu’il y a, par exemple, tension autour du prix du lait. Des renseignements traités au niveau de la compagnie puis du groupement et transmis au préfet. Cette tradition aussi vieille que l’Arme avait été un peu négligée ces dernières années, au fil de l’évolution des missions et de l’émergence d’une culture plus orientée vers le résultat immédiat – cette fameuse “culture du chiffre”, aujourd’hui décriée y compris au sein même des unités. La vocation de la brigade de contact d’être omniprésente sur tous les territoires de son ressort conduit à une « élasticité “des horaires. “Il nous arrive souvent de rencontrer les élus à 20h parce qu’ils ne sont pas difficiles avant”, explique l’adjudant-chef Piedagnel. C’est le prix à payer pour être efficace“. L’échéance de l’expérimentation en cours à la compagnie de Saint-Lô qui devait s’achever cet été a été reportée à la rentrée et tous espèrent que la brigade sera pérennisée.
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Un commentaire

  1. MEURET Yves

    Excellente initiative, mais c’est malheureux que l’on en soit à redécouvrir les fondamentaux de la Gendarmerie, à savoir sa proximité en milieu rural où péri urbain. On a supprimé trop de Brigades et éloigné beaucoup trop les gendarmes de la population, ceci au détriment du maillage indispensable que constitue et doit constituer l’implantation des gendarmes au sein de la population.

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