vendredi 4 décembre 2020
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Les gendarmes mobiles ont libéré la prison de Fleury-Mérogis bloquée par les surveillants

Plus de 350 surveillants pénitentiaires ont bloqué durant quelques heures lundi soir la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) pour protester contre la récente agression de six

Des gendarmes mobiles à l'entrainement (M. Guyot/Essor)
Des gendarmes mobiles à l’entrainement (M. Guyot/EssorMaisdon

gardiens dans la plus grande prison d’Europe, minée par la surpopulation carcérale et le manque de personnels.

Les gendarmes mobiles sont intervenus peu après 22H00 et ont repoussé les manifestants, à l’aide de gaz lacrymogènes puis de leurs boucliers, qui avaient mis feu aux barricades, faites de palettes de bois et de pneus. L’accès à la prison a été dégagé peu après 23H00.

Munis de pancartes “Au feu, la pénit’ brûle”, “Surpopulation, sous-effectifs, danger” et certaines invitant les candidats à la présidentielle à leur rendre visite, les manifestants ont dressé des barricades à partir de 19H30 sur l’unique avenue qui mène à la prison, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’intervention s’est déroulée sans heurts notables, les manifestants se contentant d’entonner La Marseillaise et le slogan “L’Etat contre l’Etat” face aux avancées des gendarmes mobiles.


Un rendez-vous entre l’intersyndicale (Ufap-Unsa Justice, CGT Pénitentiaire, FO Pénitentiaire) de Fleury et la direction de l’administration pénitentiaire est prévu mardi à 14H00, ont précisé les syndicats, qui tiendront également dans la matinée une “marche des oubliés de la République” dans la ville de Fleury-Mérogis.
Ils réclament notamment une fouille générale de la prison, des effectifs supplémentaires et l’abrogation de la législation qui les oblige à justifier les fouilles à nu de détenus.
La maison d’arrêt est actuellement remplie à 180% de sa capacité. Elle accueille plus de 4.200 détenus et près de 150 postes de fonctionnaires sont vacants, selon les syndicats. “La situation est juste intenable. Cette agression, c’est la goutte d’eau de trop”, a estimé Olivier Legentil, du syndicat Ufap-Unsa Justice (majoritaire).

S’ils n’ont pas ce qu’ils veulent de suite,
ils frappent le premier surveillant qui passe”

Jeudi, six gardiens de la prison ont été blessés par huit mineurs lors d’une altercation entre détenus qui a dégénéré en bagarre. “Les détenus sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents”, a confié à l’AFP une gradée en poste depuis 15 ans à Fleury, sous couvert d’anonymat. “S’ils n’ont pas ce qu’ils veulent de suite, ils frappent le premier surveillant qui passe“.

Selon elle, la surpopulation attise les tensions et le sous-effectif les aggrave. “Ici, un surveillant gère une centaines de détenus. Faites ça dans un hôtel, vous verrez comment les clients vont réagir”, peste-t-elle.

Selon M. Legentil, “il ne se passe pas une semaine sans agression sur le personnel à Fleury”. Cette action devant la plus grande prison d’Europe traduit “un malaise général dans toute la pénitentiaire et surtout dans la région parisienne, où on est continuellement en manque d’effectifs”.

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Un commentaire

  1. Swol

    Çela me rapelle les baumettes à Marseille en 1989 ou jeune brigadier de police,j ai pris le commandement de la section suite blessure du chef,notre effectifs compagnie réduit avec 75 personnes,nous repoussons environs 300 gardiens de prisons très remontés.Apres quelques blessés de part et d autres l entrée à ete dégagée et le calme revenu.Pendant les 3 semaines suivants nous avons tronqué nos uniformes pour remplacer nos collègues gardiens de prison.J avais été affecté aux contrôles delà cuisine à distribuer la nourritures et les couteaux de cuisine.que des souvenirs.Je vous dit courage amis Gendarmes. Andre ex major Crs

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