dimanche 25 août 2019
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bateau Douanes SD
Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

Un ex-haut responsable du renseignement douanier mis en examen (actualisé)

(Article actualisé jeudi 5 octobre à 14h45)

C’est une enquête de la section de recherches de Paris qui fait trembler les Douanes. L’ex-numéro deux du renseignement douanier, Vincent Sauvalère, a été présenté à la justice mercredi dans l’enquête sur des soupçons de collusion avec des informateurs. Il a été mis en examen pour escroquerie, détournement de fonds publics et corruption passive dans une affaire liée à la saisie suspecte de 43 tonnes de café contrefait. Il est également soupçonné de complicité d’importation et de détention en bande organisée de marchandises contrefaites, faux et usage de faux et prise illégale du nom d’un tiers. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Vincent Sauvalère, ex-numéro 2 de la Direction des opérations douanières (DOD) du service de renseignement des douanes (DNRED), actuellement patron de l’unité « tabac et contrefaçon » de l’Office de lutte antifraude de l’Union européenne (Olaf), avait été conduit au palais de justice de Paris à l’issue de 48 heures de garde à vue.

Section de recherches (Photo d'illustration S.D L'Essor)
(Photo d’illustration S.D L’Essor)

M. Sauvalère a quitté ses fonctions le 1er septembre 2014 avant d’être remplacé par Erwan Guilmin. Ce dernier a été mis en examen en août 2017 dans cette même enquête pour complicité d’importation en bande organisée de marchandise contrefaite, prise illégale du nom d’un tiers, escroquerie en bande organisée et détournements de fonds publics.

En avril 2017, l’adjointe de M. Guilmin, Magali Noël, et le chef de leur antenne du Havre avaient déjà été mis en examen, ainsi que trois indicateurs, dont un Serbe. Ce Serbe est notamment soupçonné d’avoir fait entrer des conteneurs de marchandises au port du Havre, en échange de tuyaux donnés à ses officiers traitants, avec la bénédiction de plusieurs cadres dirigeants du renseignement douanier, dont Vincent Sauvalère.

« L’Olaf coopère pleinement avec les autorités belges et françaises dans cette enquête qui porte sur des faits antérieurs à l’arrivée de M. Sauvalère à l’Olaf », a affirmé à l’AFP un porte-parole du gendarme anti-fraude de l’UE, basé à Bruxelles.

En décembre 2016, les gendarmes de la Section de recherches de Paris avaient perquisitionné le siège de la DOD du Havre, où ils avaient trouvé plus de 700.000 euros dans une valise, environ 50.000 dans un fauteuil ainsi que 20.000 euros au domicile du chef de cette direction. L’enquête porte sur les conditions dans lesquelles 43 tonnes de café contrefait étaient arrivées au Havre dans un conteneur de 120 tonnes en juillet 2015, et au lien éventuel entre l’argent trouvé lors de la perquisition et cette saisie.

« Toute la problématique est de savoir jusqu’où les douaniers laissent faire des choses à des informateurs au prétexte qu’ils leur apportent des affaires », résume une source proche de l’enquête. Le 3 juillet 2015, à la suite du contrôle sur une aire de l’autoroute A1 d’un camion embarquant quelques 9.800 paquets de café, les douaniers avaient découvert dans l’entrepôt de départ quelque 41 tonnes de café de contrefaçon, prêt à être livré. Au total, 43 tonnes sont interceptées.

Mauvaise qualité de la contrefaçon

La saisie spectaculaire, 174.000 paquets, représentant « l’équivalent de 7 millions de tasses de café » était « une première sur le territoire national », s’étaient félicités les services des douanes. Mais plusieurs éléments intrigants ont jeté des soupçons sur l’opération des « gabelous ». L’intérêt même de la saisie interrogeait, au vu de la mauvaise qualité de la contrefaçon, qui aurait rendu difficile sa commercialisation, selon des sources proches de l’enquête.

Autre élément d’interrogation: à l’arrivée du « café », quelques jours plus tôt au port du Havre, il n’y avait aucun acheteur ni douanier. La marchandise a voyagé dans un conteneur de 120 tonnes, soit trois fois le volume de la cargaison. Derrière cette livraison, les gendarmes soupçonnent un leurre pour dissimuler une opération illicite au profit de possibles informateurs.

La question du rôle trouble de certains « indics » au sein des forces de l’ordre, soulevée dans cette affaire, est au coeur de plusieurs enquêtes judiciaires en cours, notamment celles sur les méthodes de l’office de lutte antidrogue, l‘Ocrtis, et celles de son ex-patron François Thierry.

(Avec AFP).

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