mercredi 30 septembre 2020
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Caserne Crosnier, 39, rue Louis Ricard, Rouen. (Photo d'illustration S.D/L'Essor).

Affaire Théo: violents incidents à Bobigny et une gendarmerie dégradée à Rouen

Vitres cassées, gaz lacrymogènes et un camion-régie RTL incendié: de violents incidents ont éclaté samedi à Bobigny en marge d’un rassemblement de quelque 2.000 personnes réclamant “justice pour Théo”, victime d’un viol présumé lors d’une interpellation. D’autres incidents ont eu lieu en France et une caserne de gendarmerie a été dégradée à Rouen.

“La police viole”, “je ne suis pas un bamboula“, “la police tue des innocents”, pouvait-on lire sur des pancartes.
Encadrés par un impressionnant déploiement policier, les manifestants, dont de nombreux jeunes, s’étaient réunis devant le tribunal de Bobigny. La préfecture de Seine-Saint-Denis n’est qu’à une dizaine de kilomètres d’Aulnay-sous-Bois, où le jeune Noir de 22 ans a été interpellé le 2 février dans la cité des 3.000. L’affaire, devenue hautement politique, a ravivé la délicate question des rapports entre jeunes et forces de l’ordre en banlieue.

“Tout le temps, on se fait contrôler, agresser. On nous parle mal. On nous dit “Ferme ta gueule, mets-toi là”. On nous met des petites claques”, a raconté à l’AFP un jeune homme d’une vingtaine d’années, Kenzo.
Après plus d’une heure de manifestation, des policiers postés sur une passerelle ont reçu des projectiles. Des bruits de pétards et des mouvements de foule ont suivi. Des casseurs s’en sont pris à des vitres d’immeubles et au mobilier urbain.

“Plusieurs centaines d’individus violents et très mobiles” ont commis diverses “exactions et dégradations”, a affirmé la préfecture de police de Paris (PP), qui chiffre le nombre des manifestants à “près de 2.000 personnes”.
Dans un communiqué, elle liste notamment: projectiles lancés contre “des bâtiments publics, des établissements commerciaux”, quatre véhicules incendiés, deux commerces et la gare routière “dégradés”, plusieurs poubelles incendiées.

Un enfant secouru dans un véhicule en feu

Des policiers ont “dû intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu”, ajoute la PP, précisant qu’en début de soirée, aucun blessé n’était à déplorer. Ces “débordements violents” ont été “fermement” condamnés par le président de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS), précisant que “certains bâtiments du Conseil départemental” ont été “visés”.

 Un camion de RTL incendié

Un camion-régie aux couleurs de RTL a été incendiée. Dans une déclaration à l’AFP, la radio indique que son équipe sur place a été “choquée mais pas  blessée” et “condamne cet acte de violence“, assurant “qu’elle ne cédera à aucune forme d’intimidation”. Sous les gaz lacrymogènes, la manifestation a pris fin en début de soirée. Théo et sa famille avaient pourtant appelé au calme ces derniers jours. Toujours hospitalisé, le jeune homme a raconté avoir été victime le 2 février d’un viol avec une matraque télescopique au cours d’une interpellation. L’un des quatre policiers impliqués a été mis en examen pour viol et les trois autres pour violences.

 

“Je ne pensais pas que ça pouvait encore exister“, a dit à l’AFP Anissa, 18 ans. “Comment peut-on dire que c’est un accident?” D’autres rassemblements ont eu lieu en France. A Rouen, quelque 200 personnes ont manifesté dans un climat tendu. Des abribus ont été dégradés, des poubelles incendiées et une caserne de gendarmerie dégradée, selon la préfecture, évoquant “deux interpellations pour attroupement”. C’est la gendarmerie située rue Ricard, précise Paris Normandie.

En revanche, c’est dans le calme que 250 personnes se sont réunies à Toulouse derrière une banderole “Nous ne sommes pas du gibier à flics. Nos  quartiers ne sont pas des stands de tirs”. Aucun incident Nantes, où plus de 300 personnes ont défilé aux cris de “Tout le monde déteste la police”. Tout comme à Caen (90 manifestants).
Les manifestations se sont succédé en France cette semaine et des violences urbaines ont éclaté ces dernières nuits dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis. Dans ce département, le plus pauvre du pays, huit personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi à samedi, et 25 la nuit précédente.

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