vendredi 13 décembre 2019
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Illustration (SD/L'Essor).

22 ans après les faits, un ex-gendarme jugé en appel pour le meurtre d’une étudiante à Lille

Vingt-deux ans après les faits, Lylian Legrand, un ex-gendarme de Nice condamné à 30 ans de réclusion criminelle en première instance, est jugé à partir de mercredi devant la cour d’appel de Saint-Omer (Pas-de-Calais) pour le meurtre d’une étudiante à Lille. L’accusé était devenu gendarme l’année suivant le crime précise le site de France 3 Hauts-de-France.

Illustration (SD/L’Essor).

Le 24 mai 1995, Stéphanie Fauviaux, 18 ans, avait été découverte par la police, étranglée, vêtue d’un peignoir ouvert, dans la baignoire de l’appartement qu’elle partageait avec une amie dans le centre de Lille.

Après 17 ans d’enquête et grâce aux progrès de la science, l’ADN de Legrand avait été identifié sur le peignoir. Aux enquêteurs, abandonnant son alibi de départ, ce militaire de Nice avoue alors une relation sexuelle ce matin-là, expliquant que Stéphanie Fauviaux était morte en tombant.

Dans une autre version, il confirme la relation sexuelle, mais assure que la jeune fille était en vie quand il avait quitté l’appartement.

Lire aussi sur L’EssorL’ex-gendarme Lylian Legrand fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion

Mais revirement devant les assises du Nord en octobre 2016: il affirme tout au long de son procès que, finalement, au moment du drame, il faisait des travaux chez ses parents à La Couture (Pas-de-Calais), à quelque 30 km de Lille. Pour justifier ses précédents aveux, il dénoncé la “pression des enquêteurs” et une “mauvaise stratégie de défense” mise en place par son avocat de l’époque.

Pour l’avocat de la famille, Me Gildas Brochen, “ses aveux circonstanciés font qu’il n’y a pas vraiment de doute” dans l’esprit de ses clients “quant à sa culpabilité”.


Lors de ce nouveau procès, l’accusé “peut encore nous apporter une nouvelle version puisque c’est ce qu’il a fait en garde à vue, à l’instruction, en première instance. Des aveux, on l’aurait tous aimé, puisqu’on aurait pu peut-être ainsi s’approcher de la vérité, mais on n’y croit pas”, a ajouté Me Brochen.

Hormis ses aveux et les traces d’ADN retrouvés sur le peignoir de la victime, un autre élément pèse sur l’accusé: une lettre écrite à sa femme lors de sa garde à vue où il dit ses “regrets”.

Lylian Legrand, 46 ans, père de deux enfants et adjudant du corps de soutien technique et administratif à la compagnie de gendarmerie de Nice, avait été reconnu coupable de meurtre le 14 octobre 2016 par les assises du Nord. Contactée, son avocate, Me Alice Cohen-Sabban, n’a pas souhaité répondre aux questions de l’AFP.

Ce procès en appel doit s’achever le 20 décembre.

Avec AFP

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