jeudi 1 octobre 2020
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Traitement des prélèvements ADN à l'IRCGN (Photo d'illustration - MG/ESSOR)
Traitement des prélèvements ADN à l'IRCGN (Photo d'illustration - MG/ESSOR)

Meurtre d’un élu guyanais: les gendarmes identifient le suspect grâce à des tongues!

Un homme de 25 ans a été placé en garde à vue lundi en Guyane dans le cadre de l’enquête de la  section de recherches de Cayenne sur le meurtre d’un homme politique guyanais tué à son domicile en novembre, un homicide qui avait suscité une vive émotion.

Patrice Clet, ancien conseiller général et militant du groupe politique Walwari (Eventail en langue amérindienne), co-fondé par Christiane Taubira au début des années 90, avait été mortellement touché par un tir d’arme à feu le 8 novembre alors qu’il se trouvait à son domicile de Rémire-Montjoly (10 km de Cayenne) avec sa femme et ses enfants.

Le 22 mars, en plein conflit social, deux hommes de 21 et 23 ans, ont déjà été mis en examen pour “meurtre précédé d’un autre crime : tentative de vol avec arme”. Ils ont été placés en détention provisoire et sont toujours incarcérés.

L’homme arrêté lundi pourrait être “le chauffeur” le soir des faits, selon le procureur Eric Vaillant. Il devrait être présenté au parquet mardi après-midi (soirée à Paris) puis présenté à une juge d’instruction, a indiqué le procureur.

Le parquet va requérir “sa mise en examen et bien évidemment son incarcération”, a-t-il ajouté. Parmi les deux hommes déjà incarcérés, l’un d’eux serait le tireur, selon le parquet.

 

Le soir des faits, il avait fait irruption à l’intérieur du domicile de l’ex-conseiller général armé d’un fusil à canon scié de calibre 12. Inconnu des services de la police et du fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), il a fini par être confondu par l’ADN retrouvé sur des tongs abandonnées au domicile de la victime. Des examens liés à la parentalité de l’ADN ont permis de faire un lien avec sa mère qui, elle, figurait au fichier, selon une source judiciaire.

En garde à vue, l’auteur présumé des faits avait expliqué “avoir paniqué, croyant que l’objet que monsieur Clet tenait à la main le soir des faits et qui n’était que la télécommande de son téléviseur, était une arme”, a expliqué le parquet. Le meurtre de M. Clet avait provoqué la colère des parlementaires guyanais.

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, avait aussitôt annoncé l’arrivée d’un escadron de gendarmes mobiles supplémentaire et de moyens matériels. Une semaine plus tard, les mairies de Guyane avaient été fermées au public en signe de protestation contre “l’insécurité” dans ce territoire. Les problèmes d’insécurité sont au cœur du mouvement social qui a paralysé la Guyane pendant un mois et s’est achevé vendredi.

L’ADN était sur ses tongues!

La paire de tongues perdues par Jérôme Douglas sur les lieux du meurtre a permis aux gendarmes de remonter sa piste. Selon France Guyane, le suspect, Jérôme Douglas, qui n’avait jamais fait parler de lui auprès de la justice a été trahi par son ADN retrouvé sur les tongues qu’il a perdues lors de sa fuite.  Dans un premier temps, les enquêteurs de la section de recherche ont fait le tour des vendeurs  de Cayenne pour essayer de trouver qui vend ce modèle, mais sans succès. Ils ont alors fait des recherches sur l’ADN prélevé sur les tongues.

Mais il ne correspondait à personne enregistré au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). Dans leur base, ils ont alors identifient cent personnes dont l’ADN se rapprochait de celui retrouvé. Parmi ces cent personnes, des membres de la famille du meurtrier présumé, notamment au moins un membre de la fratrie qui, lui, aurait déjà eu des problèmes avec la justice. C’est ainsi que la trace de Jérôme Douglas a été retrouvée.

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