samedi 23 mars 2019
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Centrale nucléaire du Tricastin
Centrale nucléaire du Tricastin (Illustration).

Menaces de mort contre des gendarmes: prison requise contre un anti-nucléaire

Une peine de 6 mois de prison a été requise mardi au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc (Meuse) à l’encontre d’un opposant au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, soupçonné d’avoir notamment menacé de mort des gendarmes lors d’une perquisition.

Le délibéré sera rendu le 30 janvier. Le ministère public a requis à l’encontre de l’homme, âgé de 49 ans, quatre mois pour avoir menacé de mort des gendarmes et deux mois pour avoir refusé que soient réalisées des prises d’empreintes digitales ou des photographies.

Il a en revanche demandé la relaxe pour la rébellion et le refus de se soumettre à un test d’alcoolémie, qui lui étaient aussi reprochés.

Le prévenu a relaté son “état de choc, de sidération” lors de son réveil par “plusieurs hommes armés“, au lendemain d’une soirée festive à la “Maison de résistance“, lieu de vie de plusieurs militants antinucléaires, à Bure. “Je ne comprends pas un tel déferlement de violence parce que je suis militant“, a-t-il commenté avant d’opposer son droit au silence.

Son avocat, Me Matteo Bonaglia, a soulevé des nullités de procédure, estimant que la carte bancaire et la déclaration de perte de papiers d’identité présentées par le prévenu étaient “des pièces probantes (qui) auraient dû suffire à justifier l’identité de monsieur et on aurait pu en rester là“.

Selon le procès-verbal des gendarmes, le prévenu se serait montré “virulent” dès le contrôle d’identité à la “Maison de résistance” et les aurait menacés à plusieurs reprises lors de son transport à la gendarmerie et de sa garde à vue.

Me Bonaglia a dénoncé “l’arsenal répressif déployé et les choix faits en termes de politique criminelle” à l’encontre des opposants au projet Cigéo, considérés comme “des citoyens de seconde zone sous un contrôle colonial“.

Des perquisitions avaient été organisées par quelque 150 gendarmes le 20 septembre 2017 à la “Maison de résistance“, sur un terrain qui sert aux opposants de point de rassemblement à Luméville-en-Ornois et au domicile de plusieurs d’entre eux.

Les militaires agissaient dans le cadre de trois enquêtes distinctes portant, entre autres, sur un début d’incendie volontaire en juin dans l’hôtel-restaurant du laboratoire de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) et de violents affrontements entre opposants et gendarmes en marge d’une manifestation en août.

Le projet Cigéo, qui vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français, est vivement contesté par des militants antinucléaires.

Avec AFP

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