samedi 20 avril 2019
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Bure : perquisition, gardes à vue et bulldozers (vidéo)

La Gendarmerie a évacué jeudi le bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), avec une opération d’envergure pour déloger par surprise les opposants antinucléaires.

Depuis l’aube, cinq cents gendarmes ont été mobilisés pour l’évacuation de ce site de 221 hectares à proximité de Bure. Au début de l’intervention, une quinzaine d’opposants étaient présents. Parallèlement, à Bure, où la mairie a été la cible de jets de pierres, une perquisition a eu lieu à la “Maison de résistance“, où près d’une trentaine d’opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo se sont regroupés.

Trois personnes en garde à vue

Au total, trois personnes ont été placées en garde à vue, une pour tentative de jet d’engin incendiaire sur les forces de l’ordre au bois Lejuc, une pour outrages et une pour violences. L’opération a débuté à 6h15.

 “L’opération est toujours en cours et se déroule sans incident majeur“, a expliqué en fin de matinée la préfète de la Meuse, Muriel Nguyen, ajoutant que les moyens mobilisés étaient “adaptés et nécessaires pour prévenir les débordements et rassurer la population“.

Place aux bulldozers

(Photo/Gendarmerie nationale).

Deux bulldozers ont commencé à nettoyer les barricades et bivouacs des opposants à l’entrée du bois Lejuc. Les forces de l’ordre “essaient de nous faire descendre et nous menacent“, a déclaré par téléphone un opposant perché dans un arbre. “Je ne veux pas descendre. Nous sommes là pour montrer qu’on ne veut pas qu’on empoisonne la Terre mère, on est dans un vieux chêne qui a vécu bien plus longtemps que nous.

A la “Maison de résistance” à Bure, les forces de l’ordre “se sont introduits par la force, sans explication, en disant qu’ils allaient faire usage de la force contre nous“, a raconté, très énervée, une opposante, se faisant appeler Camille, après avoir été expulsée du bâtiment.

Le réseau “Sortir du nucléaire” et d’autres associations d’opposants ont appelé “à des rassemblements devant toutes les préfectures ce soir à 18H“.

Dans un Etat de droit, les oppositions doivent s’exprimer de manière légale“, a écrit sur Twitter le secrétaire d’Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu, qui doit faire une conférence de presse sur place en début d’après-midi. “Nous ne voulons plus qu’il y ait en France des lieux qui soient des lieux de non-droit“, a déclaré Gérard Collomb, en marge d’un déplacement à Lognes (Seine-et-Marne).

Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur a salué “le professionnalisme des forces de la Gendarmerie qui sont intervenues à l’aube“.

Vendredi, le Premier ministre Edouard Philippe avait affiché sa détermination à ne pas laisser “s’enkyster” les “Zad” (“zones à défendre”) occupées par des militants, alors que l’exécutif s’est engagé à évacuer fin mars à l’issue de la trêve hivernale l’emblématique Zad de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Lire aussi sur L’EssorBure : 500 gendarmes mobilisés pour évacuer les anti-nucléaires (VIDEO)

Le choix de lancer l’évacuation jeudi s’explique aussi par le fait que les opposants à Cigéo “devaient venir installer un bâtiment en dur début mars et il n’était pas question que ce bois devienne une zone de non-droit“, a expliqué Frédéric de Lanouvelle, porte-parole du ministère de l’Intérieur.

C’est absolument invraisemblable car la visite de M. Lecornu était prévue aujourd’hui. Il devait nous rencontrer demain en tant qu’opposants. C’est la sidération“, a déclaré une porte-parole du collectif “Bure Stop“, expliquant que la propriété du bois Lejuc “est contestée“, avec “des recours en cours déposés sur l’illégalité des travaux“.

Avec AFP

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