samedi 23 février 2019
Accueil / L'actualité Grand Est / Opération à Bure : le gouvernement ne veut pas de “zone de non droit” (VIDEO)

Opération à Bure : le gouvernement ne veut pas de “zone de non droit” (VIDEO)

Il n’est “pas question” de laisser “des zones de non droit” prospérer et “des gens s’enkyster“, a réagi jeudi le délégué général de LREM Christophe Castaner à propos de l’évacuation en cours des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) qui mobilise cinq cents gendarmes.

Aujourd’hui il y a une occupation illicite d’espace (…) Ce ne sont pas de gentils écologistes qui sont dans la forêt, ce sont des gens qui, quand ils vont manifester (…), y vont de façon violente“, a remarqué sur BFMTV et RMC celui qui est également secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, soulignant que le droit doit être “respecté partout“. “Il n’est pas question que nulle part il y ait des zones de non droit“, que ce soit dans les quartiers sensibles ou sur des projets industriels, a-t-il insisté.

Le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) est “scientifiquement la meilleure des solutions“, alors que “les conditions de stockage aujourd’hui des déchets nucléaires (…) ne sont pas acceptables en France“, a-t-il ajouté. “Donc oui nous prenons nos responsabilités, nous agissons. Et en même temps il n’est pas question qu’on puisse laisser s’enkyster des gens qui décident ce qui est bon pour la nation, pour eux, contre la loi“, a fait valoir Christophe Castaner.

Lire aussi sur L’EssorMenaces de mort contre des gendarmes: prison requise contre un anti-nucléaire

L’Etat agira ainsi “le moment venu partout où ce sera nécessaire” et “nous traiterons tous les dossiers qui permettront de faire en sorte que l’Etat de droit s’applique partout“, a-t-il promis.

Sur Europe 1, le chef de file des députés LREM Richard Ferrand a jugé “bien normal que l’évacuation ait lieu” pour ne pas voir perdurer “une période de non droit” comme cela a pu être le cas ailleurs en France. “Rien ne justifie une occupation illégale de l’espace public, donc il ne faut pas laisser se prendre de mauvaises habitudes ou laisser perdurer des habitudes qui ont pu être prises antérieurement. Force doit rester à la loi“, a-t-il ajouté.

La Gendarmerie nationale a débuté jeudi une opération d’évacuation du bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse). Les 500 gendarmes présents sur place mettent ainsi à exécution une décision de justice prise en avril par le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc.

Le projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires

Le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), contre lequel se battent les opposants expulsés du site par cinq cents gendarmes jeudi, consiste à enfouir à 500 mètres sous terre des déchets nucléaires très radioactifs ou à vie longue.

– Les origines du projet 

Après le vote en 1991 de la Loi Bataille, qui définit un calendrier pour gérer à long terme les déchets radioactifs, plusieurs options et sites sont étudiées – dans la Vienne, le Gard, et en Meuse et Haute-Marne. Dès 1998, c’est le site Meuse-Haute-Marne qui est choisi pour l’implantation d’un laboratoire souterrain, dont la construction commence deux ans après. En 2006, une loi, complétée en 2016, retient la solution du stockage réversible en couche géologique profonde comme solution, et donne un calendrier indicatif.

-Quels déchets sont concernés ? 

Cigéo se prépare à accueillir 80.000 m3 de déchets: 10.000 m3 de déchets hautement radioactifs, dits de haute activité (HA) et 70.000 de déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL). S’ils représentent, selon l’Autorité de sureté du nucléaire (ASN), moins de 10% de la totalité des déchets produits, ils forment plus de 99% de la radioactivité totale, et leur durée de vie avoisine les 100.000 ans.

Ces estimations sont fondées sur une prolongation de 10 ans de la durée de vie des centrales nucléaires françaises et prennent en compte l’EPR de Flamanville ainsi que l’ITER. Pour l’instant, les déchets déjà produits sont stockés sur le site d’Areva à La Hague (Manche).

– Comment seront stockés les déchets 

Les déchets seront vitrifiés, afin d’enfermer la matière radioactive dans du verre, puis insérés dans de gros cylindres métalliques à La Hague, où ils devront passer 40 à 50 ans afin de refroidir suffisamment pour être entreposés en sous-sol. Ils seront ensuite transportés en train jusqu’à Bure, où ils passeront par une “descenderie“, un tunnel en pente à 12%, sur 5 km, qui les mènera 490 m sous terre.

Là, chaque “colis”, de 500 à 600 kg pièce, sera entreposé dans des tunnels. En janvier dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire a demandé à l’Andra de revoir sa copie concernant les déchets bitumineux. Ces boues radioactives conditionnées dans du bitume (environ 18% de l’ensemble des déchets qui seront stockés) sont très inflammables.

– Les prochaines étapes 

2019: l’Andra dépose la demande d’autorisation de création du centre de stockage. Initialement, l’Agence avait prévu de déposer cette demande en 2018.

2022: si le décret d’autorisation est publié, début des travaux de construction (au lieu de 2021 initialement prévu).

2025: démarrage de l’installation par une phase pilote, avec des colis factices, pendant environ deux ans.

2030/2035: arrivée des premiers déchets radioactifs, après un nécessaire feu vert du Parlement.

2130/2140: le centre de stockage peut être scellé, une fois la période de réversibilité de 100 ans écoulée.

Avec AFP

A voir également

Gendarmes et policiers main dans la main pour démanteler une bande de pilleurs d’entrepôts

Une belle et efficace collaboration entre la section de recherches de la gendarmerie de Lille, …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevez gratuitement notre dernier dossier : « il y a 10 ans, le rattachement de la Gendarmerie au Ministère de l‘Interieur »

Vous n’êtes pas (encore) abonné à notre magazine « L’Essor de la Gendarmerie Nationale », je vous propose de recevoir, gratuitement, notre dossier du mois de janvier, en tiré à part.


Il vous suffit pour cela de nous retourner, en un clic, le simple bulletin ci-dessous :