vendredi 4 décembre 2020
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Irisbus gendarmerie mobile
Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

Attentat manqué contre un fourgon de gendarmerie: le terroriste mort était fiché S ( actualisé)

Le gouvernement parle de “tentative d’attentat”. Mais au delà de la sémantique, il s’agit bel et bien d’une attaque destinée à tuer. Un attentat qui a échoué. De nature très probablement terroriste. D’autant que la voiture qui a pris feu après avoir percuté volontairement un fourgon de gendarmerie sur les Champs-Elysées ce lundi  contenait une bonbonne de gaz et des armes dont un fusil d’assaut Kalachnikov. Le conducteur de ce véhicule qui a complètement brûlé a trouvé la mort dans cette attaque.

C’est la première fois que la Gendarmerie nationale est visée par un attentat

Cette attaque, la première contre la Gendarmerie,  est survenue peu avant 16H00 au coeur du Paris touristique n’a pas fait de blessé, a indiqué le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, lors d’un point presse sur place. La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête.

Une nouvelle fois, les forces de sécurité en France ont été visées avec cette tentative d’attentat sur les Champs-Élysées. Un escadron de gendarmes mobiles 32/7 de Chaumont (Haute-Marne) descendait les Champs-Élysées quand un individu a percuté la voiture de tête”, a précisé M. Collomb. Selon les informations de l’Essor, deux militaires se trouvaient dans le véhicule. Le directeur de la Gendarmerie, le général d’armée Richard Lizurey s’est entretenu avec eux.  Il devrait les rencontrer ce matin. L’escadron est en repos ce mardi et doit rentrer en Haute-Marne en fin de semaine.

L’assaillant sorti de la voiture par les gendarmes

Selon des sources policières, une bonbonne de gaz, une kalachnikov et deux armes de poing ont été trouvées dans le véhicule.

Il s’y trouvait “un certain nombre d’armes, d’explosifs permettant éventuellement de pouvoir faire sauter cette voiture”, a indiqué de son côté le ministre.

La voiture, une berline de couleur claire, s’est embrasée lors de la collision avec le fourgon des gendarmes près du rond-point de la célèbre avenue parisienne, a-t-on appris de sources concordantes. Le corps de l’assaillant de 31 ans, selon une source proche du dossier, vêtu d’un short gris, gisait sur le ventre au milieu de la chaussée. Un peu plus loin, après une opération de déminage, la police fouillait le véhicule, portes et coffre ouverts, a constaté une journaliste de l’AFP.

  “Les gendarmes ont extrait du véhicule l’individu qui avait foncé” sur leur fourgon, a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Il a été extrait du véhicule par les gendarmes qui ont brisé les vitres à l’aide d’un pied-de-biche.
Aucun coup de feu n’a été tiré, selon les premiers témoignages.
De nombreux policiers, pompiers et soldats de la force Sentinelle se sont déployés dans le quartier. La circulation a été bloquée sur l’avenue et la station de métro Champs-Élysées-Clemenceau fermée, tandis que le Grand Palais a été évacué dans le calme, après une phase de confinement du public du musée. Alexandre, 51 ans, était assis sur un banc de l’avenue lorsqu’il a vu “des gens courir dans tous les sens, des touristes. Certains m’ont crié de partir. Il y avait du monde partout”, a-t-il dit à l’AFP.

La loi antiterroriste présentée dans deux jours

“Des fourgons de police ont descendu l’avenue en trombe”, a raconté Romain, un touriste de 26 ans originaire de Pau qui s’apprêtait à visiter l’Arc de triomphe. “On nous a dit de ne pas bouger et de ne pas traverser l’avenue. Tout le monde était bloqué.” Mais deux heures après l’attaque, les touristes avaient déjà repris leurs selfies devant l’Arc de triomphe, entraient et sortaient des magasins de l’avenue comme lors d’une journée ordinaire. Abram, un vigile du magasin Adidas, se trouvait sur le trottoir quand il a vu des “des gens courir en direction de l’Arc de triomphe” et les policiers ont commencé à évacuer les voitures de l’avenue. “On a tout de suite fermé le magasin. Et quarante minutes plus tard, c’était calme, on a rouvert.” Cette nouvelle attaque dans un pays qui vit sous le régime exceptionnel de l’état d’urgence depuis novembre 2015 intervient deux jours avant la présentation en Conseil des ministres d’une nouvelle loi antiterroriste. Depuis janvier 2015, la France est visée par la violence jihadiste, avec une vague d’attentats qui a fait au total 239 morts, les derniers visant tout particulièrement les forces de l’ordre.

Perquisition en cours chez le terroriste

Une perquisition était en cours lundi soir au Plessis-Pâté, dans l’Essonne, au domicile de l’auteur de l’attentat manqué contre des gendarmes dans l’après-midi sur les Champs-Élysées, a-t-on appris auprès de sources proches de l’enquête. Des policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) ont investi un pavillon entouré de hautes haies de cette commune semi-rurale, a constaté un journaliste de l’AFP.
L’assaillant, cadet d’une fratrie “de trois frères et soeurs”, vivait là avec sa famille, installée depuis une trentaine d’années, selon une voisine sous couvert d’anonymat.
“On s’était plaint auprès du maire car ils organisaient tous les week-ends de grandes réunions tous volets fermés avec plusieurs dizaines de personnes”, avec tous “les hommes en longue robe blanche”. “Ça a duré pendant plusieurs années, mais ça c’était calmé depuis deux, trois mois”, a-t-elle confié à
l’AFP.

L’homme était fiché S pour son appartenance à l’islam radical

L’homme de 31 ans  était fiché S depuis 2015 pour son appartenance à “la mouvance islamiste radicale”, a-t-on appris de sources concordantes. La famille de l’homme, qui a foncé en milieu d’après-midi avec une voiture contenant une bonbonne de gaz et des armes sur un fourgon de la gendarmerie, était connu pour faire partie de la mouvance “salafiste”, a informé une source proche du dossier. Il n’était pas connu de la justice, selon une source policière.
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