mardi 29 septembre 2020
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Affaire Grégory : un témoin relate les violences subies par Murielle Bolle

Un cousin de Murielle Bolle relate dans Le Parisien de mardi les violences physiques subies en novembre 1984 par ce témoin clé de l’affaire Grégory, qui expliqueraient son revirement.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon doit se prononcer mardi sur le sort de Murielle Bolle, 48 ans, mise en examen et écrouée jeudi. En cause, son témoignage d’il y a 32 ans dans lequel elle accusait, avant de se rétracter rapidement, son beau-frère Bernard Laroche du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la Vologne, le 16 octobre 1984.

Le procureur général de Dijon a évoqué un “témoignage récent” et “très précis” d’un “parent” qui “parle de violences physiques” sur la jeune fille, alors âgée de 15 ans, pouvant expliquer son revirement. “On fait des vérifications“, a déclaré le magistrat.

Dans Le Parisien, ce témoin, un homme de 54 ans se présentant comme un cousin germain de Murielle Bolle, affirme avoir assisté à la soirée du 5 novembre 1984 au cours de laquelle il a “vu Muriel subir des coups”.

Ces faits se seraient déroulés chez les parents de Murielle Bolle: “j’étais donc présent. Je serais capable de faire un plan détaillé de la maison, confie-t-il, de manière anonyme, au Parisien. Je peux vous dire que Murielle s’est fait démonter, je veux dire qu’elle a été frappée par plusieurs personnes, elle a pris une sacrée volée“. “Après ces violences, Murielle est sortie. Elle pleurait. C’est là qu’elle m’a fait des confidences sur l’affaire. Mais je ne vous en dirai pas plus, je veux protéger l’enquête“, ajoute ce témoin qui dit avoir décidé de témoigner 32 ans plus tard après la mise en examen à la mi-juin de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés d’avoir séquestré puis tué le garçonnet.

Les nouveaux rebondissements depuis la mi-juin

Plus de 32 ans après le meurtre de Grégory Villemin, 4 ans, jeté pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984, l’affaire connaît de nouveaux rebondissements depuis la mi-juin.

Voici le film des événements:

– 14 juin: un rebondissement inattendu

– Trois membres de la famille du père de Grégory, Jean-Marie Villemin, sont arrêtés par les gendarmes et interrogés en garde à vue à Dijon. Il s’agit de Marcel Jacob, 72 ans, grand-oncle de Grégory, de sa femme Jacqueline, 72 ans, ainsi que d’une tante de l’enfant, Ginette Villemin, 61 ans.

Les grands-parents paternels de Grégory, Albert et Monique, sont entendus libres, comme témoins. Le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, précise que ces personnes sont “très proches du coeur de l’affaire” et que les arrestations ont notamment eu lieu pour “complicité d’assassinat” et “non-assistance à personne en danger“.

Jamais inquiétés jusqu’alors même si leurs noms figuraient dans les méandres de la procédure, les trois gardés à vue font partie du “clan Laroche“. Bernard Laroche, cousin du père de Grégory et premier suspect de l’affaire, libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, était très lié à Marcel Jacob et à Michel Villemin, frère de Jean-Marie et défunt époux de Ginette.

L’affaire a été relancée grâce notamment au logiciel d’analyse criminelle Anacrim, qui a permis de reconstituer la chronologie avant et après le crime en pointant des incohérences.

– 15 juin: plusieurs personnes impliquées

– Lors d’une conférence de presse, le procureur général assure ne pas savoir “qui est l’auteur” du crime, en ajoutant que les trois gardés à vue ont invoqué leur droit de garder le silence.

Plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime“, déclare le magistrat. Il évoque un couple, l’homme portant la moustache, ayant procédé à des surveillances quelques jours avant le crime. Il précise que de nouvelles expertises d’une lettre manuscrite anonyme reçue en 1983 par Jean-Marie Villemin étaient “confondantes” pour Jacqueline Jacob.

Une autre lettre de menaces de mort de 1989 “implique” aussi selon lui la grand-mère Monique. La lettre de revendication du 16 octobre 1984 ne désigne pas son auteur actuellement, conclut-il, mais ses termes présentent des similitudes avec celle de 1983. Ginette Villemin est remise en liberté en fin d’après-midi.

– 16 juin: les Jacob incarcérés

– Marcel et Jacqueline Jacob sont mis en examen pour “enlèvement et séquestration suivie de mort” et incarcérés. Lors d’une conférence de presse, le procureur général indique qu’ils ont “nié toute participation aux faits“. Ceux qui ont enlevé l’enfant sont “les auteurs du crime“, estime le magistrat.

Marcel et Jacqueline Jacob n’ont pas d’alibi “confirmé ou étayé“, selon lui.

– 20 juin: libérés sous contrôle judiciaire

– Marcel et Jacqueline Jacob sont remis en liberté sous contrôle judiciaire par la cour d’appel, avec interdiction de parler à la presse. L’avocat de Marcel Jacob, Me Giuranna, souligne “la faiblesse des charges” et la presse annonce que Marcel Jacob a un alibi.

– 29 juin: Murielle Bolle incarcérée

– Après vingt-quatre heures de garde à vue, Murielle Bolle, 48 ans, est mise en examen pour “enlèvement suivi de mort” et incarcérée jusqu’à une audience fixée au 4 juillet devant décider son maintien ou non en détention.

Âgée de 15 ans à l’époque des faits, ce témoin clé avait alors affirmé, avant de se rétracter rapidement, avoir vu son beau-frère Bernard Laroche emmener l’enfant dans sa voiture puis l’avoir déposé quelque part – chez des amis, pensait-elle. Le procureur général évoque “un témoignage très précis” d’un cousin éloigné selon lequel cette rétractation aurait été due à des violences de son entourage.

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