lundi 14 octobre 2019
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Photo (EGM 17/9 Hirson).

L’escadron d’Hirson honore les deux gendarmes mobiles tués à Aléria

 Le 16 février 2018, l’escadron de gendarmerie mobile 17/9 d’Hirson, déplacé en Corse du Sud, a envoyé une délégation à Aléria afin de se recueillir et fleurir la stèle de leur camarade Jean-Yves Giraud, gendarme mobile à l’escadron 2/6 d’Hirson, décédé le 22 août 1975 dans l’accomplissement de son devoir.

Photo (EGM 17/9 Hirson).

Les militaires de la compagnie de gendarmerie départementale de Ghisonaccia (2B) se sont associés à cette commémoration en rehaussant de leur présence cet hommage, permettant aux gendarmes mobiles de l’EGM 17/9 d’accomplir leur devoir de mémoire dans d’excellentes conditions.

Retour sur un événement
qui a marqué l’histoire de la Gendarmerie

Le 21 août, une révolte éclate. Une trentaine d’hommes armés, dont Jacques Fieschi, Léo Battesti, Jacques Paoli, entraînés par Edmond Siméoni, occupent la ferme d’Henri Depeille, un viticulteur endetté d’Aléria d’origine pied-noir, et suspecté d’être mêlé à un scandale financier.

Le leader de l’Action Régionaliste Corse (ARC) fait connaître les raisons de ce coup de force en ces termes : “Il s’agit de dévoiler le scandale des vins mettant en cause le propriétaire de la cave et plusieurs de ses amis négociants. Après avoir bénéficié de prêts exorbitants, les responsables des caves vinicoles ont mis sur pied une énorme escroquerie de plusieurs milliards d’anciens francs, au préjudice de petits viticulteurs.

L’assaut est donné avec des blindés et des hélicoptères pumas

Le président de la République et le Premier ministre étant en vacances, c’est le ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski qui décide de déployer 1200 gendarmes et CRS afin de donner l’assaut, avec l’appui de blindés et de six hélicoptères Puma.

Le vendredi 22 août, face à la médiatisation de l’affaire, des jeunes Corses sympathisants accourent de toute l’île pour soutenir les régionalistes. L’assaut des forces de l’ordre débute à 16 heures et voit la reddition des occupants de la ferme Depeille, après une fusillade qui fera deux morts dans les rangs de la Gendarmerie : le maréchal des logis-chef Michel Hugel de l’escadron de gendarmerie mobile 6/3 de Saint-Denis et le gendarme Jean-Yves Giraud de l’escadron de gendarmerie mobile 2/6 d’Hirson.

Les autonomistes quittent leur retranchement les armes à la main  alors que de nouveaux renforts arrivent par hélicoptère. La foule tente alors de forcer les barrages, entonne l’hymne corse et finit par incendier les restes de la ferme et des bâtiments viticoles. Il s’en suivra toute une nuit de violents affrontements sur Bastia.

Les mots d’un gendarme de l’escadron de gendarmerie mobile d’Hirson engagé sur cette mission font écho au courage et au dévouement de ces hommes. Il écrit : “Vers 16 heures environ, le tir de grenades lacrymogènes eut lieu auquel répondirent les coups de fusils de chasse et par deux fois, j’entendais le bruit d’un fusil mitrailleur en action.

Dans le même temps, les appels radios se succédaient annonçant les blessés. Le lieutenant arrivait en courant au PC demandant au colonel que l’hélicoptère soit envoyé sur place car un gendarme était blessé gravement. C’est à ce moment là que le lieutenant me dit  “C’est Giraud” et il repartait sur les lieux. L’un des colonels m’ordonnait d’aller chercher le blessé. Apercevant une civière, nous sommes partis à plusieurs pour remplacer les quatre porteurs ; le blessé était le MDL/Chef Hugel qui décédait plus tard. Plusieurs minutes plus tard une ambulance militaire arrivait tout feux allumés, c’était le gendarme Giraud qui se trouvait à l’intérieur.

Jean-Yves Giraud et Michel Hugel n’ont pas failli à leur devoir. Puisse leur sacrifice ne pas être inutile.

Avec EGM 17/9 Hirson

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Un commentaire

  1. Jean-Michel Scotto

    J’ai effectué de mars à juillet 1973 le 17eme stage d’élève gendarme à Maisons-Alfort et le m.d.l.chef Hugel y était comme instructeur en mécanique, je crois qu’il était originaire de la région d’Hirson, car, il en parlait souvent, c’était un gars sympa. Je sais qu’il y a un quartier Hugel à Saint Denis, pour ne pas l’oublier , et c’est très bien ainsi.

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