lundi 27 mai 2019
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commandant l‘EDSR du Loiret : “sur la route, on est tous potentiellement un danger pour les autres”
Le chef d'escadron Pascal Martel commande désormais les 109 militaires de l’EDSR du Loiret. Il a débuté gendarme auxiliaire (Photo Camille Coelho)

Chef d’escadron Pascal Martel, 
commandant l‘EDSR du Loiret : “sur la route, on est tous potentiellement un danger pour les autres”

Le chef d ‘escadron Pascal Martel a pris la tête de l‘escadron départemental de sécurité routière (EDSR) du Loiret le 1er avril. Entretien avec le patron de ceux qui luttent contre l ‘insécurité routière.
“L‘insécurité routière est un combat de tous les jours”, lance le chef d ‘escadron Pascal Martel, qui a pris le commandement de l ‘escadron départemental de sécurité routière (EDSR) du Loiret le 1er avril dernier. “Lorsque l‘on questionne les gens sur ce qui représente un danger sur la route, ils répondent : “ce sont les autres”. “Mais moi-même, je suis l’autre de quelqu’un. Des infractions, on en commet tous les jours, on est tous potentiellement un danger“, fait remarquer le militaire. “Il y a un individu derrière chaque volant, chaque personne est un acteur de la lutte contre l ‘insécurité routière“, ajoute-t-il pour responsabiliser les conducteurs.

Pas plus de contrôles mais des actions ciblées

“Le premier trimestre en terme de mortalité sur les routes du Loiret a été mauvais, c‘est une évidence, les chiffres sont là pour en attester“, constate l‘officier. “Pour nous, c ‘est une sonnette d’alarme. La vigilance ne doit pas cesser”, poursuit-il. Le chef d ‘escadron affirme qu’il n ‘y aura pas plus de contrôles sur les routes mais qu’ils seront plus axés sur les causes principales des accidents. “On a déjà un bon niveau de contrôles, on doit affiner et cibler ce qui impacte l’accidentalité comme les vitesses excessives et les conduites addictives. Ces dernières sont un vrai fléau”. Les lieux et horaires des accidents sont aussi à analyser : “Un accident sur deux se produit entre 16 et 20 heures. On rentre du travail, on est moins vigilant et pressé de rentrer. Une fois sorti des bouchons, on accélère pour rattraper son retard, mais on ne le rattrape jamais…“, constate le gendarme.

“Je suis optimiste, une grande partie des conducteurs est sérieuse et consciente des risques. Avant personne ne se posait la question de qui allait conduire pour rentrer d ‘une soirée, maintenant beaucoup le font”, reconnaît le chef d’escadron Pascal Martel.

En France, environ 3.500 personnes perdent la vie chaque année sur les routes. Même si ce chiffre sera toujours trop important, l’officier rappelle que, cet hiver, 13.000 personnes sont décédées de la grippe et que, chaque année, 15.000 meurent dans un accident domestique. Des chiffres qui permettent de prendre du recul sur ceux de l ‘insécurité routière. “Il y a 30 ans, quand je suis rentré en Gendarmerie, il y avait 22 millions de véhicules immatriculés et 10.000 morts sur les routes. Aujourd’hui, Il y a plus de 40 millions de véhicules et, en moyenne, 3.500 tués par an. Une multitude d’acteurs ont permis cette baisse : la Prévention routière, les pouvoirs publics, les constructeurs automobiles et les forces de l’ordre. Et qu’on le veuille ou non, l’arrivée des radars automatiques en 2003 a eu un impact sur le comportement des usagers de la route”, commente l’officier.

De gendarme auxiliaire au commandement d’une unité
Le chef d‘escadron Pascal Martel a débuté sa carrière en Gendarmerie en tant que gendarme auxiliaire en 1984. Il a ensuite intégré l‘école de Châtellerault, qui n‘existe plus aujourd’hui. Après sa formation, il rejoint, en 1986, la brigade territoriale de Tende, dans les Alpes-Maritimes. Il obtient sa qualification de motocycliste trois ans plus tard. Le militaire est donc affecté en 1989 à la brigade motorisée de Menton, puis, en 1995, à celle du Havre (Normandie), il se rapproche ainsi de sa région d‘origine, le Nord-Pas-de-Calais. Après une année, il intègre le peloton d‘autoroute de Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime). En 1997, il devient instructeur moto au Centre national de formation à la sécurité routière de Fontainebleau. Quatre ans plus tard, il rejoint l‘École des officiers à Melun. “J’ai voulu être officier pour commander. Pas pour le plaisir de commander mais avec la volonté d’appréhender une problématique et de voir ce que l’on peut faire pour apporter une solution. Mais mon métier c’est gendarme, officier c’est un statut”, explique Pascal Martel. À sa sortie, en 2003, il fait ses armes d’officier au sein de la compagnie de Dreux où il seconde le commandant de l‘unité.
Il rechausse les bottes
Quatre ans plus tard, il rechausse les bottes pour prendre la tête de l‘EDSR du Val-d‘Oise, puis de celui de l‘Eure-et-Loir à Lucé. En 2015, il est affecté au groupement de Seine-et-Marne en tant qu‘officier adjoint commandement avant de revenir sur le terrain en prenant le commandement de l‘EDSR du Loiret le 1er avril dernier. “Ce poste demande beaucoup d’investissement sur le terrain. Lorsque l’on donne une directive, on doit s’assurer qu’elle est appliquée. Et pour les notations, comment peut-on apprécier le plus objectivement le travail d’un gendarme si on ne le voit pas dans une situation opérationnelle ? Sur le terrain, je n’y suis pas suffisamment à mon goût car le meilleur moyen de raconter la guerre, c’est de la faire”, estime le militaire.
En tant que commandant de l’EDSR, le chef d’escadron Pascal Martel est également conseiller sécurité routière auprès du commandant de groupement, dans le cas du Loiret, il s’agit du général Pascal Ségura, également commandant de région.

CAMILLE COELHO

EN CHIFFRES. L‘escadron départemental de sécurité routière du Loiret compte 109 militaires répartis dans cinq unités : le peloton d ‘autoroute d‘Orléans, les brigades motorisées d‘Orléans et de Briare et les pelotons motorisés de Beaune-la-Rolande et de Pannes. Ils disposent de 26 motos et de 29 véhicules dont un véhicule rapide d ‘intervention (Mégane RS) et quatre équipements de terrain mobile.

 

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Un commentaire

  1. rikpop

    Sinon, quand vous occuperez-vous des britanniques sur l’A16 qui roulent comme des malades, passent allègrement sous les radars sans être inquiétés (Porsche, Audi R8…) ?

    Les radars flashent mais ils n’en n’ont que faire. Je suis certain qu’ils ne reçoivent même pas les amendes.

    On parle aussi des saoudiens qui garent leurs voitures n’importe comment dans Paris sans être inquiétés ?

    La sécurité routière ne tond que les cons de français toujours bon à payer.

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