mardi 23 juillet 2019
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La brigade de la Cob de Maintenon au grand complet. Photo (DL/L'Essor).

24 heures avec la brigade de Maintenon (reportage)

Trois cambriolages, une agression sexuelle présumée contre une mineure et l’interpellation des auteurs de vandalisme multiples : L’Essor a suivi le quotidien des “bleus” en Eure-et-Loir durant 24 heures.

6 heures du matin. Après 24 heures de pluie, le pavé est humide lorsque les véhicules d’intervention quittent la gendarmerie de Maintenon, une petite ville d’Eure-et-Loir, connue pour le château que la favorite de Louis XIV y acheta en 1674.

Le lieutenant Godineau planifiant une opération contre une bande de vandales. Photo (DL/L’Essor).

La lumière des gyrophares éclaire des façades bien entretenues. Centre-ville coquet. Le département attire une population de salariés à la recherche de prix immobiliers plus bas que ceux de la région parisienne. Environ 50 % des locaux vont travailler à Paris en train ou en voiture. Et les voitures sont justement au centre de l’intervention qui vient de démarrer : en quelques jours, des dizaines de rétroviseurs ont été saccagés par des voyous opérant la nuit. “C’est cette petite délinquance quotidienne qui gâche la vie de la population contre laquelle nous luttons quotidiennement, souligne le Lieutenant Guillaume Godineau, commandant la communauté de brigades de Maintenon. C’est le métier de base des brigades de proximité”.

Les véhicules d’intervention se séparent pour se rendre au domicile des suspects identifiés après une enquête supervisée par l’adjudante-chef Virginie Coudeyras.

Le véhicule dans lequel se trouve le lieutenant Godineau se dirige vers une cité située en périphérie de Maintenon. On est loin de l’environnement dégradé des barres d’immeubles du “9.3“. C’est une intervention “souple” qui est au programme. Les gendarmes restent tout de même vigilants, quant à de possibles chutes d’objets en provenance des toits. Au moment de quitter la voiture, “le Rubis” indique que les autres suspects ont été interpellés, mais que l’un d’eux manque à l’appel.

Ce n’est pas le cas de celui qui fait l’objet de l’opération en cours : un militaire frappe à la porte :
– Bonjour, Gendarmerie nationale, est-ce que monsieur JC est ici ? Quelques secondes s’écoulent, puis à travers le battant une voix dit :
– C’est son père qui parle ! Qu’est-ce qu’il a encore fait ce con-là ?
La porte s’ouvre. Pas de lumière dans l’appartement. “On vient juste de nous couper le jus“, précise-t-il. Quelques secondes plus tard, son fils sort de sa chambre, menottes aux poings.
– Qu’est ce que tu as fait ?, demande-t-il à nouveau.
La vingtaine, déjà connu des services de Gendarmerie, les menottes aux poings, il affecte une mine blasée.
– T’inquiète, répond-il sans le regarder. Je m’occupe de tout !

Relevé d’empreintes sur une fenêtre forcée dans une maison de Saint Piat (28). Photo (DL/L’Essor).

Retour à la gendarmerie. Autour de la grande cour, il y a une partie réservée au service ; et de l’autre les petites maisons mitoyennes où vivent les familles. Pas de séparation entre ces univers. Ici, environ 70 % des gendarmes sont en couple. Ce coup de filet débouche sur plusieurs gardes à vue. C’est le point d’orgue de 24 heures durant lesquelles la brigade de la COB de Maintenon n’a pas chômé.

La veille, en début de matinée, un résident secondaire prévient le planton que sa villa a été cambriolée vers 9 heures du matin. Ce premier cambriolage vise une maison située dans un village proche de Maintenon. “Ici, la plupart des délits concernent les atteintes aux biens et les violences aux personnes“, relate le major Stéphane Durpoix en service dans la région depuis 2008.

La victime du cambriolage est un ingénieur parisien. Il est persuadé que les auteurs sont entrés par un vasistas entrouvert. C’est en rabattant les volets que l’adjudant-chef Stéphane Heurtault trouve l’endroit de l’effraction : une vitre brisée, une fenêtre entrouverte, suivez la flèche… Il utilise son smartphone pour faire les photos d’usage pendant que son collègue, l’adjudant Bruno Toulotte, réalise des prises d’empreintes et un écouvillonnage ADN sur le manche d’un parapluie qui aurait été oublié par les cambrioleurs.

Quand ils ressortent, vers 11 heures, les gendarmes sont avertis par une personne du voisinage que l’alarme a sonné durant la nuit dans une villa du périmètre. Encore du secondaire. Un voisin a la clef. Portes et volets clos, rien d’apparent sur la façade. Tout s’est passé côté champ : dérangés par l’alarme les cambrioleurs ont fui précipitamment : le “coin” de métal qu’ils utilisaient pour forcer les volets métalliques est encore en place, fiché entre les tôles ! Une fenêtre protégée par des barreaux a été forcée, mais ils n’ont pas pu entrer. Dégagé, le coin est ramené à la gendarmerie pour les relevés d’empreintes.

L’arrivée des techniques digitales a beaucoup simplifié le travail des 49 militaires de la COB. Ils sont confrontés à une petite délinquance en provenance de la région parisienne. Ici, les malfrats disposent d’un réseau routier leur permettant de circuler rapidement avec leur pied-de-biche dans le coffre. Le nouveau système NéoGend permettent des vérifications ultra-rapides.

L’adjudant Bruno Toulotte en train de retirer le coin que les voleurs ont laissé entre les tôles en s’enfuyant.Photo (DL/L’Essor).

Vers 13 heures, le gendarme adjoint volontaire Maxence Carlier vient avertir le lieutenant Godineaud que le parquet demande le placement d’une fillette susceptible d’avoir subi des violences sexuelles de la part de son père. Elle a 5 ans et demi. Deux gendarmes partent pour la soustraire à son environnement familial avant de la placer dans un organisme social.

Suite à une inscription au tableau d’avancement, l’un d’eux va bientôt rejoindre un PSIG. Ces départs sont fréquents. Après avoir appris le métier, de nombreux gendarmes partent pour se spécialiser. Rares sont ceux qui reviennent ensuite à la vie de brigade, contraignante, notamment quand on à charge de famille. “Il faudrait peut-être réfléchir à un aménagement du temps de travail pour les mères de famille le souhaitant”, propose l’adjudante-chef Virginie Coudeyras.

La nuit est tombée. Un nouveau cambriolage est signalé par Rubis. Le propriétaire a mis un malfrat en déroute en arrivant chez lui. L’adjudant-chef Stéphane Heurtault prend le volant. Direction Saint Piat. Zone résidentielle.

Les propriétaires sont encore sous le choc. Un cambrioleur a sauté par la fenêtre du 1er étage en les entendant venir. Une fois les vérifications faites, il ressort que, mal réglée, l’alarme ne s’est pas déclenchée. Moins de 10 minutes plus tard, rebelote : la gendarme adjoint volontaire Christelle Fischer vient prévenir ses camarades qu’une autre villa du voisinage a peut-être été visitée. Un dialogue s’engage avec des habitants du quartier venant aux nouvelles…

Des nouvelles, ils en auront d’autres, 24 heures plus tard dans les colonnes de L’Echo républicain annonçant le 24 décembre dernier le prochain jugement pour “dégradations aggravées” de la bande de 5 garçons et d’une fille ayant vandalisé 52 voitures à Maintenon.

Didier Laurens

La COB de Maintenon en quelques chiffres

– 3 brigades (Maintenon, Hanches-Epernon, Auneau)
– 49 militaires – une circonscription de 45 communes sur lesquelles sont répartis près de 50.000 habitants
– 4 gares connectées au réseau parisien

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