mercredi 30 septembre 2020
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Photo d'illustration (L'Essor).

Etudiant éborgné à Rennes : aucune poursuite contre les deux policiers

Deux policiers ont été entendus mardi à Rennes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), avant d’être relâchés, dans le cadre de l’enquête sur un étudiant éborgné en marge de la manifestation du 28 avril contre la loi travail, a-t-on appris de sources policière et judiciaire.

Ces deux policiers de la Section d’intervention, chargée du maintien de l’ordre à Rennes, ont été interrogés sous le régime de la garde à vue de 09H00 à 16H00, dans le cadre de l’enquête pour “violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente”, a précisé à l’AFP leur avocat, Frédéric Birrien.

Aucune poursuite contre les deux policiers

Ces deux hommes, âgés d’une quarantaine d’années, étaient porteurs de lanceurs de balles de défense (LBD) ou gomme-cogne lors de la manifestation du 28 avril, a indiqué Me Birrien, selon lequel “tous deux reconnaissent avoir fait usage de leur LBD de manière légitime”. Selon lui, ce sont les premières auditions de témoins dans ce dossier. Les deux hommes ne font à ce jour l’objet d’aucune poursuite.

La victime, Jean-François Martin, a rencontré les juges d’instruction le 10 janvier, selon son père Bruno Martin, satisfait que “les choses avancent et que l’enquête se poursuive”. La famille a également saisi récemment le Défenseur des droits.

Dès l’arrivée de leurs collègues en garde à vue, mardi à 09H00, plusieurs dizaines de policiers se sont rassemblés devant le bâtiment où se déroulait l’interrogatoire, en signe de soutien. A la mi-journée, quelque 180 opposants, selon la police, ont manifesté à l’appel du syndicat SUD aux cris de “Désarmons la police”.

Jean-François Martin, 20 ans, étudiant en géographie à l’université Rennes 2, a été éborgné lors de la manifestation anti-loi travail du 28 avril 2016. Ce jour-là, après la manifestation officielle, plusieurs centaines de jeunes manifestants étaient venus affronter les policiers qui empêchaient l’accès à l’hyper-centre de Rennes.

L’un des manifestants avait lancé un engin explosif sur les forces de l’ordre, et ces dernières avaient chargé pour disperser la foule.

Le 29 avril, le parquet avait confié une enquête à l’IGPN. Il avait annoncé le 21 juin que “l’hypothèse la plus probable (était) celle d’une lésion majeure de la région orbitale gauche provoquée par un impact de balle de lanceur de balles de défense 40x46mm”. Le LBD40 a succédé au Flash-Ball, premier gomme-cogne utilisé par les forces de l’ordre en France.

Selon les premières investigations de l’IGPN, avait précisé le parquet, “au moins deux tirs de LBD avaient été effectués par les services de police en réaction à des jets de projectiles, ainsi que d’une fusée tirée dans leur direction, ayant embrasé le store d’un magasin, et en provenance de la zone où se trouvait le plaignant”.

La victime avait porté plainte contre X début mai pour “violence aggravée”. Le parquet de Rennes avait alors ouvert une information judiciaire, confiée à deux juges d’instruction, afin de “déterminer si les conditions et circonstances du tir étaient conformes aux principes de nécessité et de proportionnalité”.

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