mardi 1 décembre 2020
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L'adjudant-chef Frédéric Rozec au bord de l'étang de Saint-Gilles, près de Rennes, où il a porté assistance à une désespérée par une nuit glaciale. “J’ai gardé espoir jusqu’au bout parce qu’on arrivait à dialoguer malgré la quantité massive de médicaments qu’elle avait absorbée”, a-t-il expliqué à l'Essor. Photo Gendarmerie nationale.

Pacé : le gendarme raconte le difficile sauvetage d’une désespérée

Le gendarme qui a sauvé une désespérée des eaux glacées d’un étang de Saint-Gilles, près de Pacé, en Ille-et-Vilaine, par une nuit glaciale de début janvier, est un négociateur régional qui a pu s’appuyer sur sa formation spécifique pour engager et maintenir le dialogue malgré l’état psychique très dégradé de la victime.

“J’ai gardé espoir jusqu’au bout parce qu’on arrivait à dialoguer malgré la quantité massive de médicaments qu’elle avait absorbée”, explique à l’Essor l’adjudant-chef Frédéric Rozec, affecté à la brigade autonome de Betton, au nord de Rennes.

Le sous-officier est en patrouille dans la nuit du 2 au 3 janvier quand il capte l’appel lancé peu après minuit par le centre d’opérations et de renseignement de la Gendarmerie (CORG 35). “Je suis négociateur. Quand j’ai entendu qu’il s’agissait d’une personne suicidaire, j’ai pris l’initiative de me rendre sur place alors que ce n’est pas mon secteur”, raconte l’adjudant-chef.

La désespérée repérée par son portable

Un appel du commissariat de Rennes, où vit la désespérée, a permis de localiser son portable près de la quatre-voies Rennes-Saint-Brieuc, sur la commune de Pacé. Les premières recherches sont entreprises dans un périmètre de deux kilomètres autour du relais de géolocalisation. Elles sont vaines. Le CORG précise alors que la personne se trouverait près d’un plan d’eau. Les militaires de la brigade de Pacé qui ont rejoint Frédéric Rozec et son équipage évoquent aussitôt l’étang de Saint-Gilles, tout proche.

“Nous avons trouvé le véhicule mais il n’y avait personne à bord ni à proximité”, explique l’adjudant-chef Rozec. “Nous avons commencé à patrouiller à pied. C’est alors que nous avons trouvé au sol une première plaquette de médicaments, puis d’autres. Finalement, nous avons découvert la personne qui se tenait à cinquante centimètres du plan d’eau”.

La situation se tend rapidement. “Si vous avancez, je saute !”, lance aux militaires la femme dont les pulsions suicidaires sont bien réelles. Formé à ces situations, le négociateur reste en retrait mais parvient à engager le dialogue. “Nous avons pu échanger pendant sept à huit minutes. J’ai réussi à recueillir quelques informations. Mais elle était tellement shootée par les médicaments qu’elle titubait dangereusement. Elle est partie à l’eau tout à coup, la tête la première, de tout son corps”.

Un sauvetage difficile

Le sous-officier reconnaît qu’il ne prend pas alors le temps de la réflexion. Il se jette lui-même à l’eau par une température de -3°. “Je n’ai même pas pensé à me débarrasser de mon arme de service”.

Le sauvetage est difficile. “Elle était de forte corpulence et n’arrêtait pas de se débattre. Elle disait qu’elle voulait en finir avec la vie”.

La désespérée est finalement ramené à la berge. Les militaires la mettent en position latérale de sécurité, la couvre d’un blouson sec. Les pompiers arrivent rapidement. Mais la victime fait un arrêt cardio-respiratoire. Le SMUR intervient. Finalement, la femme sera tirée d’affaire.

“Très franchement, sur le coup, je n’ai pas ressenti le froid”, admet l’adjudant-chef Rozec. “Dans ces cas-là, on a une forte poussée d’adrénaline. On est resté sur place jusque vers 2h30 et il a fallu du temps pour que je ressente le froid. La couverture de survie dont mes collègues m’avaient couvert s’est alors révélé bien utile”. Il reconnaît que ce sauvetage a perturbé son sommeil les deux nuits suivantes. “On est toujours dedans. On ne dort pas bien. Mais elle a été sauvée. C’est l’essentiel.”

Le groupement de gendarmerie d’Ille-et-Vilaine a fait le récit de ce sauvetage sur sa page Facebook et les réactions n’ont pas manqué. « Bravo et respect », écrit ainsi une internaute.

Le groupement d'Ille-et-Vilaine a fait le récit de ce sauvetage sur sa page Facebook, suscitant des commentaires élogieux. Capture d'écran.
Le groupement d’Ille-et-Vilaine a fait le récit de ce sauvetage sur sa page Facebook, suscitant des commentaires élogieux. Capture d’écran.
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