mardi 1 décembre 2020
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Lieu du crime Velet
C'est dans les bois derrière la croix que le corps d'Alexia a été retrouvé (Photo/JFC/l'Essor).

Meurtre d’Alexia Daval : le mari mis en examen et écroué

Le rictus de douleur déformait son visage lorsque le corps de sa femme avait été retrouvé fin octobre: Jonathann Daval a finalement avoué mardi avoir tué Alexia et a été mis en examen et écroué pour meurtre.

Trois mois jour pour jour après la découverte du corps d’Alexia Daval, 29 ans, dans un bois de Haute-Saône, cet informaticien de 34 ans a reconnu avant la fin de sa garde à vue qu’il l’avait tuée, ont annoncé ses avocats. Il “est mis en examen pour meurtre sur conjoint, encourant la réclusion à perpétuité“, a indiqué mardi soir lors d’une conférence de presse, la procureure de la République de Besançon, Edwige Roux-Morizot.

Le suspect a été placé en détention provisoire. L’homme “a reconnu avoir tué son épouse mais il a dit qu’il ne voulait pas et il regrette“, avaient indiqué précédemment ses avocats, Mes Ornella Spatafora et Randall Schwerdorffer. Les résultats de l’enquête “ont abouti à des éléments suffisants pour imaginer que la mort a été donnée volontairement et non pas accidentellement“, a en revanche considéré la magistrate.

“Un travail d’enquête exemplaire”

Soulignant “un travail d’enquête exemplaire”, la procureure a déclaré qu’Alexia Daval avait été tuée “vraisemblablement dans la nuit avant que ne soit déclarée sa disparition“. L’étau s’était resserré depuis lundi autour de Jonathann Daval, interpellé à son domicile de Gray-la-ville par les enquêteurs, qui privilégiaient l’hypothèse d’une “dispute conjugale ayant mal tourné“.

Novembre 2017. Les gendarmes contrôlent les véhicules aux abords de la scène de crime (Photo/JFC/L’Essor).

Il l’a étranglée“, a détaillé devant la presse Me Schwerdorffer, assurant que son client n’avait “pas été dans une logique criminelle” et “n’avait impliqué personne d’autre“. “Il n’a jamais essayé de mettre le feu au corps d’Alexia“, a affirmé l’avocat. Pourtant, le corps partiellement brûlé d’Alexia Daval, employée de banque, avait été retrouvé le 30 octobre, dissimulé sous des branchages dans le bois d’Esmoulins, près de Gray, à quelques kilomètres du domicile du couple.

Deux jours auparavant, c’est son mari qui avait signalé sa disparition, affirmant que sa femme était partie courir mais n’était pas rentrée. L’autopsie avait révélé que la jeune femme avait été victime de violences, de coups et avait été étranglée.

 “Il se sentait rabaissé, écrasé”

 “Ils avaient une relation de couple avec de très fortes tensions. Alexia avait une personnalité écrasante, il se sentait rabaissé, écrasé. A un moment, il y a eu des mots de trop, une crise de trop, qu’il n’a pas su gérer“, a dit Me Schwerdorffer. “Il a essayé d’être ce gendre parfait, il n’a pas réussi. (…) Il l’a étranglée et après, il a été dépassé par tout“, selon son avocat

Dans les jours qui avaient suivi la découverte du corps d’Alexia, lors d’une marche blanche en sa mémoire ou lors des obsèques de la jeune femme, Jonathann Daval apparaissait toujours fragile, en larmes, soutenu par ses beaux-parents.

entrée de Velet
L’entrée de Velet, près de Gray.(Photo/JFC/L’Essor).

Dès mardi matin, les conseils de Jonathann Daval reconnaissaient que “l’étau se resserr(ait) violemment” autour de leur client, première personne à être placée en garde à vue dans cette affaire. Plusieurs éléments nouveaux dans l’enquête ont mis en péril la version du mari, qui avait toujours nié tout lien avec le meurtre de sa femme.

La nuit précédant la disparition de la jeune femme, un voisin a affirmé avoir entendu une voiture sortir du domicile du couple, et le dispositif de traçage dont était équipé l’utilitaire professionnel de Jonathann Daval l’atteste, selon une source proche du dossier. Des traces de pneus correspondant à la voiture auraient également été retrouvées près du corps de la jeune femme.

Les enquêteurs ont également trouvé un tissu recouvrant le corps d’Alexia, pouvant correspondre à des draps appartenant au couple. Lors de sa première audition, comme simple témoin, Jonathann Daval avait évoqué une dispute avec son épouse la veille de sa disparition. L’altercation expliquait, selon lui, les marques de griffures, voire de morsures visibles au niveau de ses bras et de ses mains. “Un travail considérable a été abattu en trois mois, avec une synergie parfaite entre les enquêteurs“, s’est félicité Pascal Péresse, commandant de la section de recherches de la gendarmerie de Besançon.

Les parents d’Alexia Daval “veulent juste comprendre” 

Les parents d’Alexia Daval “veulent juste comprendre” ce qu’il s’est passé sans accabler leur gendre, a expliqué mercredi leur avocat. “Ils n’ont rien vu venir. Maintenant, ils voudraient comprendre“, a déclaré Me Jean-Marc Florand, lors d’une conférence de presse à Vesoul (Haute-Saône).

Les aveux de M. Daval ont été un “coup très dur à encaisser, car ils avaient une confiance absolue en Jonathann“, a-t-il ajouté. “En trois mois, ils ont perdu leur fille dans des conditions atroces et maintenant également leur gendre, qui avait toute sa place dans leur famille. C’est beaucoup pour des braves gens qui avaient une vie tranquille et cadrée“, a-t-il dit.

L’enquête, menée par la section de recherches de la gendarmerie de Besançon, épaulée par les gendarmes de Haute-Saône et du Doubs, va désormais se poursuivre pour éclaircir les zones d’ombre restant autour de la mort d’Alexia Daval, notamment le fait que son corps ait été retrouvé en partie calciné, ce que son mari affirme ne pas avoir fait.

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que ses déclarations (de M. Daval) correspondent à la réalité“, a considéré Me Florand. A la disparition de sa femme, Jonathann Daval était apparu sans cesse effondré, en pleurs, soutenu par ses beaux-parents qu’il a continué à voir quasiment quotidiennement depuis la mort d’Alexia.

La comédie qu’il a jouée lui coûtera très cher dans l’esprit des jurés“, a estimé l’avocat des parents, qui table sur un procès au mieux dans le courant de 2019.

Selon Me Florand, les parents d’Alexia n’avaient pas connaissance de violences au sein du couple de leur fille, qui suivait un traitement pour l’aider à tomber enceinte. L’avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer, a affirmé que son client était la cible de “violences” de la part de sa femme, qui “en période de crise, pouvait avoir des accès de violence extrêmement importants“.

Dans ce couple, il y avait une personnalité plus effacée et Alexia plus dominante, énergique, sportive, battante“, a seulement rappelé Me Florand, sans vouloir ni confirmer ni infirmer les dires de son confrère. Les parents d’Alexia, tout comme sa sœur, “ont constaté des tensions comme dans tous les couples, mais rien de symptomatique“, a affirmé M. Florand, tout en restant très prudent.

 Les femmes restent les premières victimes des violences au sein des couples: 123 femmes ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en France en 2016, soit une tous les trois jours.

Avec AFP

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