dimanche 18 août 2019
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Le général Bertrand François devant une vitrine (Photo JFC)

L’art des tranchées s’expose à Dijon (diaporama)

A Dijon, le général Bertrand François, commandant de l’école de Gendarmerie de la ville, donne à voir sa collection d’art des tranchées et partage sa passion pour la Grande Guerre jusqu’au 29 mars, dans une exposition aux archives départementales de la Côte d’Or. En cette période de centenaire de l’armistice de 1918, l’histoire s’en trouve éclairée de faits peu connus, mais émouvants.

L’art des tranchées ou la variété des matériaux

Début 1915 débute, sur le front Ouest, la guerre de positions. Pour meubler le temps lors des interminables attentes dans les tranchées, les poilus commencent à fabriquer des petits objets avec tout ce qui tombe sous leurs mains. L’art des tranchées est né.

Avec les douilles d’obus vides, les objets métalliques et tout autre matière ramassés sur le champ de bataille, parfois au péril de leur vie, l es soldats font des vases, des encriers, des briquets, des bagues ou des modèles miniatures de chars ou d’avions. La quête se faisait aussi dans les maisons abandonnées, les villes détruites traversées ou même sur les prisonniers et les morts. Les morceaux de métal étaient fondus, découpés, soudés puis gravés et martelés. L’exposition présente également des objets en os, en corne, en écorce de bouleau, en pierre et en marqueterie de paille.

Une passion comme héritage familial

Les Archives départementales de la Côte-d’Or accueillent ainsi quelques 200 objets issus de la collection du général Bertrand François. Sur les lieux de l’exposition, ce dernier raconte la genèse de sa passion. “Pendant la guerre, ma grand-mère, Yvonne Henrion, a vu défiler toute l’armée française à Ligny-en-Barrois (55), où elle vivait. Ses parents commerçants faisaient “popote” et de nombreux officiers et sous-officiers sont venus se restaurer chez eux. Ils ont également fréquenté les Américains, déployés en masse dans la Meuse. Ma grand-mère parlait d’ailleurs américain avec un accent parfait ! Quand j’étais petit, elle me racontait sa guerre. La tradition militaire m’a ainsi été transmise par les femmes et dès l’âge de 5 ans, je me suis passionné pour la guerre de 14″.

Et le général François de détailler les objets en vitrine. “Si l’exposition présente aussi un casque à pointe, des jumelles où des armes – un Mauser et un P08 – c’est parce que ces objets sont des trophées rapportés par les poilus. L’aspect intime est mis en avant et lié à l’histoire. Ainsi, chaque objet est replacé sur les cartes des champs de bataille. Les objets étant généralement gravés avec une date et un nom de lieu, nous avons mené un travail d’inventaire avec les archives départementales de la Côte d’Or. Ce fut un véritable jeu de pistes, comme si nous avions suivi les cailloux semés par le petit Poucet”.

Des objets collectés un peu partout

Et le résultat est au rendez-vous. Les différentes vitrines sont disposées selon un ordre géographique. La première expose un obus de 37mm désamorcé et présente ses différentes déclinaisons en lampe à pétrole, en encrier, en obus sculpté ou gravé. Plus loin, une cartouche de pistolet lance fusée est transformée en briquet…

La plupart de ces objets ont été collectés dans des brocantes ou sur eBay. Mais certains, provenant des soldats allemands ou des Balkans, ont été chiné par le général François en Autriche. D’autres encore ont été acquis au marché aux puces de Genève. L’occasion de découvrir “les internés”, ces 65 000 prisonniers de guerre blessés, hébergés en Suisse jusqu’en 1919. Dans la partie romande, principalement en Valais, pour les soldats français et belges. Dans les Grisons, les rives du lac des Quatre-Cantons et Appenzel, pour les Allemands et les Autrichiens.

Le fond iconographique, constitué de dessins aux crayons, d’encres et de sanguines, sont des originaux dont l’origine a pu être précisément localisée. “Les portraits sont souvent plus parlant que les objets, détaille le général François. Voyez comme ce dessin de soldat creusant une tombe, intitulé On enterre l’adjudant est émouvant”.

On l’aura compris : la visite de cette exposition s’impose si vous passez par Dijon.

Archives départementales de la Côte d’Or :  jusqu’au 29 mars du lundi au vendredi 8h30 / 17h00

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