mercredi 27 janvier 2021
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En 2018, une pétition en ligne a été lancée pour la restitution des scellés de l'affaire Myriam Sakhri (Capture d'écran).
En 2018, une pétition en ligne a été lancée pour la restitution des scellés de l'affaire Myriam Sakhri (Capture d'écran).

Suicide de Myriam Sakhri : l’enquête pour harcèlement relancée ?

Neuf ans après sa mort, la famille de la gendarme Myriam Sakhri n’a pas renoncé à faire entendre sa vérité. Selon les informations du journal Le Monde, trois de ses sœurs ont déposé une demande de réouverture de l’information judiciaire, mercredi 25 novembre. Elles disposeraient en effet de nouveaux éléments pour étayer la thèse d’un suicide lié au harcèlement dont la jeune femme de 32 ans aurait été victime.

G. le connard” au coeur de la demande de réouverture du dossier

Le 24 septembre 2011, cette militaire de 32 ans est retrouvée morte, une balle dans le foie. Elle gît dans son logement de la caserne Delfosse, à Lyon. Six mois après sa mort, l’enquête conclut à un suicide “pour des raisons personnelles“. Sur la table devant elle, la gendarme a pourtant laissé un mot désignant son supérieur hiérarchique direct : “Merci à G. le connard !“.

Impliqué dans l’enquête, l’officier en question serait au cœur de la demande de réouverture du dossier. De nouveaux témoignages font ainsi “état de pressions subies pendant les investigations“, écrit le quotidien national. “L’examen du dossier met en exergue des graves carences dans la conduite de l’enquête. Les principes d’impartialité et d’indépendance ont été bafoués, ce qui est corroboré par les nouvelles attestations de témoins, faisant état de pressions subies pendant les investigations“, indiquent les avocats de la famille.

Pour la famille, Myriam Sakhri a mis fin à ses jours parce qu’elle était harcelée

En 2012, la famille avait essuyé un classement sans suite concernant la prise en compte des faits de harcèlement. Elle contestera, en vain, cette décision en appel puis en cassation. Pour ses proches, le lien entre le geste dramatique de Myriam Sakhri et le harcèlement dont elle aurait été victime ne fait aucun doute. La jeune femme aurait notamment subi des propos racistes. Signalés à sa hiérarchie, ces agissements n’ont débouchés sur aucune intervention.

Lire aussi: Les proches de la gendarme Myriam Sakhri espèrent relancer l’enquête sur sa mort

Nous espérons que, compte-tenu du fait que le temps a passé, que les mêmes personnes ne sont plus aux mêmes fonctions au niveau de la chaine de commandement, que les mêmes gendarmes qui par peur ou par lâcheté n’ont pas osé témoigner de la réalité, vont être prêts à témoigner et à dire la vérité“, déclarait l’un des avocats de la famille en octobre 2018. Deux plus tard, avec les nouveaux éléments que la famille veut apporter au dossier, il semble avoir été entendu. La balle est désormais dans le camp du parquet de Lyon.

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