mardi 7 juillet 2020
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Joseph-Cornier-en-1992-au-refuge-de-Tête-Rousse-(DR)

Décès d’un pionnier du PGHM de Chamonix : Jo Cornier, quitte “la Maison”

Le major Cornier, un pionnier du Peloton de Gendarmerie de haute-montagne de Chamonix vient de disparaitre dans sa 88e année. Ses obsèques seront célébrées lundi à 15 heures en l’église Saint-Michel de Chamonix.

Guide de haute-montagne, moniteur de ski, Joseph Cornier a été membre de l’unité, dont il portait l’insigne numéro 5, depuis sa création en 1958 jusqu’à 1985, soit pendant 27 ans sans interruption. Au point que, quand il parlait du PGHM il disait toujours “la Maison“, rien d’autre (et on entendait même la majuscule !). “Il faut défendre la Maison” : on sentait qu’il lui appartenait… et qu’elle lui appartenait un peu, aussi ! Cornier a connu le GSHM de 1958, le PSHM de 1961 puis le PGHM à partir de 1971.

Originaire du Haut-Chablais, il resta évidemment près de ” la Maison” après avoir quitté l’uniforme, ayant, il est vrai, épousé Josiane Mermoud, une Chamoniarde des Praz. Joseph Cornier c’était d’abord homme aux remarquables qualités humaines. Toujours souriant, il ne se prenait jamais au sérieux et avait pourtant l’art du commandement. Avec lui il n’y avait jamais de problème parce que, grand professionnel, il avait toujours une solution pour le résoudre.

Le major Gérard Mathieu, qui allait par la suite marcher sur ses traces et devenir son ami, se souvient :

” En 1968, c’est lui qui nous faisait fait passer les tests de ski, d’alpinisme, de glace, pour l’admission au Peloton. Sa bonne humeur nous rassurait. Il était notre modèle. Mais il était exigeant ne retenant que 5 candidats sur 30″.

En 1958, après le fiasco du sauvetage Vincendon et Henri, les pionniers désignés pour former l’unité de Gendarmerie dédiée au secours en montagne avaient dû tout inventer, se formant sur place puis formant les nouveaux arrivants et mettant sur pied, au fil des opérations et du temps, la plus belle formation de secours en montagne de la planète. Jo Cornier a pris une grande part à cette réussite.

Dans la légende du secours en montagne

Toujours de bonne humeur, peu bavard, d’une grande humilité qui contrastait avec ses états de services, Jo Cornier était un chef exemplaire, aimé, respecté, rassurant. Il fut l’un des proches collaborateurs de Jean-Jacques Mollaret, l’emblématique patron du “PG” de la grande époque. Quand le capitaine communiquait, Cornier gérait les opérations. Il n’avait pas 35 ans qu’il était déjà une référence pour les anciens ! Il devint major et commandant en second, commandant des opérations, toujours présent. Une fois retraité, il continua, bien sûr, à fréquenter la montagne et le PG. Devenu plus Chamoniard que les Chamoniards, il était apprécié de tous. Son sourire va leur manquer.

Jo a définitivement quitté la Maison, certes, mais il occupe à tout jamais une place particulière dans la légende du secours en montagne.

L’Essor  présente ses condoléances émues à Josiane Cornier, à ses filles Sophie Secrétant et Sandrine Cornier, à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants ainsi qu’au commandant et aux gendarmes du PGHM de Chamonix (DR)
André Veyret

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