vendredi 22 juin 2018
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(Photo/GF/PressPepper).

La GLI-F4, une grenade sur la voie de garage (actualisé)

Grenade GLI F4 (Repro L’Essor)

Article actualisé le jeudi 24 mai à 15h00 avec le détail de l’avis d’attribution du marché de grenades de maintien de l’ordre du ministère de l’Intérieur.

INFO L’ESSOR – L’accident tragique de Notre-Dame-des-Landes, ce mardi 22 mai, remet sur le devant de la scène la grenade à fusil et à main lacrymogène instantanée (GLI) modèle F4, la grenade la plus puissante que possède la Gendarmerie. Cette munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle, est une arme de force intermédiaire avec son action explosive due à la présence de tolite.

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Ce type de grenade est dans le collimateur d’organisations non gouvernementales. L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture relevait par exemple dans un rapport publié en 2016 que “la France est le seul pays européen à utiliser des munitions explosives en opérations de maintien de l’ordre”.

En cours de remplacement

Grenade GM2L (Repro L’Essor)

Décriée, cette munition est actuellement en cours de remplacement dans la Gendarmerie. Sa remplaçante, la GM2L, déjà en dotation, est par exemple utilisée à Notre-Dame-des-Landes dans les opérations actuelles.

Lire aussi sur L’Essor : Une nouvelle génération de grenades pour remplacer la contestée GLI F4

Fabriquée par la même société, la société d’armement et d’études Alsetex, qui appartient au groupe Etienne Lacroix, cette grenade est assourdissante et lacrymogène, mais sans effet de souffle contrairement à la GLI-F4. La zone couverte est d’environ 10 à 20 mètres carrés. Les unités épuisent en effet les stocks des GLI-F4, qui devraient disparaître de l’arsenal des gendarmes à l’horizon 2020-2022.

La grande différence par rapport à la GLI-F4, c’est l’absence d’explosif brisant. L’appel d’offres publié en août 2017 précisait que ces nouvelles grenades ne devaient pas contenir d’explosif mais “un dispositif pyrotechnique”. Le cahier des charges du lot n°5 de cet appel d’offres, relatif à l’achat de grenades assourdissantes lacrymogènes de calibre 56 mm, précisait ainsi que “la composition pyrotechnique ne doit pas contenir d’explosif brisant”.

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L’avis d’attribution de ce marché, repéré par L’Essor, vient d’être publié, ce jeudi 24 mai, au bulletin officiel des marchés publics. Ce document précise que le lot n°5, relatif à la GM2L, d’un montant de 1,8 million d’euros, a bien été attribué le 28 février 2018 à la société Alsetex. Outre cette entreprise, les sociétés Nobel Sport et Rheinmetall Waffe Munition se sont partagées ce gros marché de 17,5 millions d’euros de grenades de maintien de l’ordre, lanceurs et cartouches.

Moindres risques

L’emploi d’une munition différente aurait-il changé quelque chose pour le jeune homme grièvement blessé à Notre-Dame-des-Landes ? “La GM2L vise à avoir un effet comparable à la GLI-F4 mais avec des risques moindres, mais cela reste une arme, avertit le général Bertrand Cavallier (2S). Et même un pétard du 14 Juillet peut emporter quelques doigts lors de son explosion.”

Ce spécialiste du maintien de l’ordre, ancien patron du CNEFG de Saint-Astier, le centre national d’entraînement de la Gendarmerie au maintien de l’ordre, tempère. “Le problème dans cette affaire, ce n’est pas la grenade. Il y a un contexte très particulier, avec des individus très agressifs, des jusqu’au boutistes, qui utilisent toute une série de moyens qui mettent en péril la vie des gendarmes.”

Pointées du doigt, les grenades permettent pourtant aux forces de l’ordre de maintenir à distance des opposants déterminées, un éloignement qui doit favoriser le retour au calme et la baisse de violences. Evitant ainsi, rappelle Bertrand Cavallier, des corps-à-corps bien plus dangereux pour les gendarmes et les manifestants.

Gabriel Thierry.

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4 Commentaires

  1. Dussart, Gerard

    Bonjour. Je suis un ancien adjudant de la Gendarmerie de l’air de Saint Dizier (B.A.113) J’ai connu le M.O. en escadron de G.M. de NOYON (60) période Mai 68. Je suis surpris qu’à chaque fois qu’un manifestant est blessé ou tué par grenade, la direction recule d’un pas et fait disparaitre la munition. Soyons sérieux: Lorsque les sommations sont faites et que la réquisition complémentaire spéciale est délivrée au commandant de la force publique, le manifestant qui est assez léger pour tenter de relancer la munition, ne peut s’en prendre qu’à lui. Sinon, laissons tout faire, et vive l’anarchie. Force doit rester à la loi. Pas de considération politique pour faite plaisir. Tant pis si je suis censuré. Y en a marre!

  2. Et bien sûr ! Voilà où nous en sommes aujourd’hui ! On envoie nos G.M. au casse-pipe, mais surtout ; pas de vagues, on supprime les “GLI” de peur de faire des blessés parmi les connards de manifestants, d’antis-tout, d’antis-flics qui foutent le bordel, qui viennent dans les manifs pour casser du “flic” G.M. ou C.R.S. il faut que cela cesse. Camarades .G.M. lorsque l’on vous vous envoie au casse-pipe, n’y allez pas, faîtes comme les C.R.S. manifestez, n’allez pas vous faire démolir pour un jeu qui n’en vaut pas la chandelle. Que les politicards se démerdent puisque c’est eux qui la foute.
    C’est un vieux de la vieille qui vous le dis. Gendarme de père en fils depuis 1942 à nos jours, et ne me parlez pas M.O., j’ai essuyé Mai 68 et le marins pécheurs à Rennes, le M.O. je connais.

  3. Bonjour,

    C’est navrant, triste et consternant certes ce qui s’est passé à NDDL mais le but du M.O est de maintenir l’ordre et stopper les débordements insurrectionnels tels que nous les avons tous constatés aux infos TV.
    Ceci dit, que l’on s’apitoie sur le sort de ce manifestant “ultra réactionnaire” est une chose, mais taire les exactions et agressions “ultra violentes” de ces manifestants (soi-disant pacifiques) envers nos G.M en est une autre.
    Car es médias audiovisuels, si prompts à dénoncer les actes “odieux” des Forces de l’Ordre, se gardent bien de parler des exactions et agressions “ultra violentes” de ces manifestants (soi-disant pacifiques) envers nos G.M et de dénoncer des comportements qui frisent l’acte criminel, voire plus.
    Ainsi, a-t-on pu voir lors des reportages réalisés par l’équipe de M6 (De La Villardière) ces “zadistes” lancer des “cocktails Molotov” et des bouteilles d’acide sur nos G.M.
    Bien sur, un G.M brulé par de l’acide ou de l’essence est un incident autrement moins important que celui de ce manifestant “pur et dur” gravement blessé alors qu’il tentait de relancer cette grenade “GLI” vers les G.M; il connaissait les risques et il les a pris, alors tant pis et “basta” !!!
    En Mai 68 à Paris ou à Lyon, c’était presque un état de guerre et nous nous défendions comme l’on pouvait (pas de bouclier, pas de casque à visière et encore moins de tenue “4 S”)
    Un retraité de la G.M (EGM 7/15 et 9/15)

  4. Layalle Claude

    Le problème n’est pas dans les gendarmes ou les soldats mais d’une part dans les ordres qu’ils reçoivent ou dans leur entrainement, et bien sur dans une idéologie ou l’ordre ne se conçoit que dans un rapport de forces ou la police est mobilisée plutôt que de faire face à ses tâches essentielles de protection du citoyen.

    L’attitude de l’état à NDDL est indécente. sa volonté de détruire une résistance qui a contrarié ses plans de construction d’un aéroport inutile est manifeste. Ce projet aux frais du contribuable était pour les besoins de la libéralisation du transport aérien au détriment d’une zone écologique à protéger : Il se poursuit par une intervention militaire dans la même zone pur y effacer le souvenir de la résistance qui l’a contrarié dans ses plans.
    Les gendarmes ne sont dans la circonstance que les idiots utiles instrumentabilisés armés de pieds en caps pour réduire quelques insoumis que la démocratie avait d’autres moyens de circonscrire, sans respecter les paysans et les écolos authentiques qui font vivre cette ZAD depuis des années en les soumettant à des négociations humiliantes alors qu’ils sont les garants d’un intérêt général incontestable.

    Si c’est devenu une guerre avec des victimes innocentes, l’état en porte la responsabilité.

    Ingénieur retraité, 43 ans de carrière sur plusieurs continents, ancien soldat en AFN, je suis respectueux d’un ordre qui ne doit pas être défendu à coup de grenades offensives même rebaptisées “de désincerclement.

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