vendredi 22 juin 2018
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La 486 ème promotion “Gendarme Louge” de l’école de Chaumont baptisée (vidéo et diaporama)

C’est avec une météo de saison adaptée à la rusticité des gendarmes, une température de 1° et une petite pluie verglaçante,  que la 486 ème promotion  de l’école de sous-officiers de Chaumont a été dignement baptisée le 2 mars lors d’une cérémonie présidée par le le général de corps d’armée Laurent Tavel, directeur du soutien et des finances de la Gendarmerie.

Deux commandants de groupement, le colonel Felten, commandant le groupement du Territoire de Belfort , et le colonel Emmanuel Gerber, commandant le groupement de mobiles de Hyères ainsi que deux officiers supérieurs de l’armée de terre,  ont assisté à la cérémonie en raison de la présence sur les rangs de leur enfant.

Les 113 élèves gendarmes de la 4 ème compagnie (commandée par le chef d’escadron Moinet) ont désormais quitté la Haute-Marne,  leurs camarades et leurs cadres pour rejoindre leurs affectations.

Dans son discours, le colonel Pierre Bouquin, commandant de l’école s’est dit  “extrêmement fier d’accueillir toutes et tous, dans cette magnifique école qui reçoit des élèves gendarmes depuis 1949 (*) et qui est la plus ancienne et la seule école décorée de la médaille militaire que lui a remise le 5 février 2002 le président de la République Jacques Chirac,  d’où sa devise “1 ère oblige“!

Cette école forme, lorsqu’elle est complète, jusqu’à 7 compagnies d’élèves gendarmes, ce qui peut représenter à un instant T quelques 850 élèves gendarmes, et pratiquement 200 cadres. C’est donc une école qui participe pleinement à la vie économique de son agglomération” a précisé le chef de corps en rappelant un chiffre révélateur : “l’école, c’est globalement 2 500 repas / jour.”

L’hommage du colonel au major et au président  de la promotion

Avant de s’adresser aux élèves et après avoir remercié les cadres et avoir remercié les familles pour leur présence, le colonel Bouquin a souhaité mettre en exergue les parcours du major de promotion et du président.

“Je veux le féliciter particulièrement devant vous toutes et tous car Mathieu Gady est arrivé ici avec un Bac professionnel, et il termine major de promo; je suis heureux que l’on puisse par des parcours de ce type, par son investissement, son engagement, valoriser cette voie professionnelle trop souvent dénigrée et c’est un message fort que vous envoyez à ceux qui n’ont pas toujours eu la chance de pouvoir faire de longues études. Et puis là pour le coup, nous sommes bien au cœur de la méritocratie républicaine, et c’est aussi ça la Gendarmerie “.

Concernant le président de la promotion, le chef de corps s’est arrêté sur un “parcours qui est exceptionnel “.

“Né au Maroc, il a suivi deux années d’étude en pharmacie à l’université de Caen. Mais il faut vivre ! Les temps sont durs ! L’argent manque ! Alors il s’engage, et pas n’importe où : au sein de la Légion étrangère. Dans ce corps d’élite, il va servir 10 ans et 9 mois. En 2014, il quitte la Légion et se lance dans des études d’infirmier. Il a fini, il va devenir infirmier, il n’a plus que sa soutenance de mémoire. Le jour de sa soutenance, la Gendarmerie lui dit : Welcome ! Il ne présentera jamais son mémoire et rejoindra Chaumont !”

Un fils de gendarme major de promotion

Le major de promotion est  le gendarme Mathieu Gady, fils d’un adjudant-chef du peloton motorisé d’Angers. Il a été gendarme adjoint volontaire pendant deux ans à la BTA St-Louis à la Réunion et réserviste Gendarmerie pendant trois ans  au sein du groupement de mobiles de Nantes et un an au groupement de départementale de Maine-et-Loire. Âgé de 23 ans, il est titulaire d’un baccalauréat professionnel en sécurité/prévention et a été agent de sécurité  au sein d’une entreprise de télésurveillance pendant un an. Il a choisi de servir dans la Gendarmerie mobile en région ouest

A l’issue de la cérémonie, les élèves les plus méritants ont reçu des prix dont une médaille remise par notre partenaire l’UNPRG mais aussi par les médaillés militaires et les amis de la Gendarmerie.

Physionomie de la promotion

Ils étaient 131 à se présenter à Chaumont le 10 juillet. Ils étaient finalement 113 sur les rangs lors du baptême de promotion après des démissions et des renonciations de contrat.

Cette promotion était composée de 51,3 % d’anciens gendarmes adjoints volontaires et de 83 garçons et 30 filles : 58 sont d’anciens gendarmes adjoint, deux anciens militaires  (402ème régiment d’artillerie et Légion étrangère )
Les 53 autres personnels proviennent du civil ou issus directement des études.

61  sont titulaires du Bac, 28  d’un bac + 2 , 16 d’un bac + 3, 4 d’un bac +4 et 4 d’un bac + 5.

En ce qui concerne les affectations: 38 en Gendarmerie mobile (dont 5 gendarmes féminins), 9 à la Garde républicaine (dont trois gendarmes féminins) et 70 en départementale (dont 24 gendarmes féminins)

Deux places “compétence linguistique” ont été réservées à un gendarme de Mayotte et de Nouvelle-Calédonie qui serviront dans leur département d’origine.

Deux places   “compétence ski-alpinisme” ont été attribuées, l’une  en départementale Auvergne-Rhône-Alpes et l’autre en mobile zone de défense sud.
Enfin, un élève va rejoindre la musique de la Gendarmerie mobile.

Didier CHALUMEAU

Photos Benoît Couvreux (ESOG/Chaumont)

(*) l’école s’est d’abord installée en 1945 dans le quartier Foch, qui accueille la Gendarmerie mobile).

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Le gendarme Louge : un héros de la résistance parrain de promotion

Dominique Louge est né le 1er janvier 1900 à Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées. Le 4 novembre 1920 à l’âge de 20 ans, il incorpore le 18 ème régiment d’infanterie (RI) à Pau. Un an plus tard, le 16 novembre 1921, il rejoint le 28 ème régiment d’infanterie. Puis le 9 septembre 1922, renvoyé dans ses foyers, il est affecté à la réserve du 18ème RI, classé dans l’affectation spéciale de préposé aux douanes à Givet (08).

Il se marie, le 14 avril 1925, avec Marie Madeleine Hatrival. De leur union naissent deux enfants, Pierrette, et Jacques le 24 décembre 1926. Il est nommé gendarme à pied avant d’être affecté le 1er février 1927 à la 6ème légion de gendarmerie mobile numéro 14 à Reims (51).

Le 1er février 1929, admis dans le corps des sous-officiers de carrière, il est affecté à la brigade de gendarmerie de Machault (08).

Lors de la seconde guerre mondiale, deux mois après l’occupation de la France par les Allemands, il est fait prisonnier et déporté durant un an à Trèves en Allemagne. Finalement, il sera libéré par les Allemands qui relâchent les gendarmes détenus dans le but d’obtenir leur aide pour maintenir l’ordre dans notre pays.

Dès son retour, il entre dans la résistance et s’engage dans les FFI “Forces Françaises de l’Intérieur des Ardennes”, au sein du maquis Violette, situé entre Juniville et la Neuville.  Le 30 août 1944, il se porte volontaire pour une mission suite à l’arrivée des unités blindées américaines à proximité d’un camp allemand.

En compagnie de deux maquisards, il contrôle un soldat allemand en bicyclette. Refusant de se rendre, l’ennemi ouvre le feu sur les trois hommes. Le gendarme Louge reçoit une balle de mitraillette en plein cœur et décède immédiatement.

Son nom est gravé sur le monument aux morts de Machault (Ardennes). Une stèle est érigée sur le lieu de sa mort à La-Neuville-en-Tourne-à-Fuy au lieu-dit : Le Routy. Il est décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze portant citation à l’ordre du régiment.

L’insigne de promotion “Gendarme Louge”

La signification de l’insigne de  promotion

: en retrait à l’arrière, il reprend deux symboles bien connus des gendarmes : d’une part, on trouve la grenade à huit flammes or, symbole d’élite et attribut de la Gendarmerie nationale depuis 1797. – d’autre part, un peu moins en retrait, on aperçoit le glaive de la loi ou forte épée, représentant le combat ardent, âpre et incessant contre l’injustice.

La droiture de cette arme symbolise la volonté d’accomplir la mission confiée. Sur le pommeau, le grade et le nom posés en lettres capitales “GENDARME LOUGE” accompagnent le bandeau de sinople, qui est à la couleur de la 4ème compagnie d’instruction.

Cette couleur qui est aussi celle de l’espoir.

L’espoir, pour celui qui, en septembre 1940, est emprisonné durant un an en Allemagne, à Trèves. Gendarme à la brigade de Machault (08), résistant au sein du maquis “Violette” dans le secteur de Rethel, les armoiries des Ardennes rendent hommage aux actions que le parrain a menées dans ce département.

Le symbole se blasonne de bleu, barré d’une bande d’argent entre deux bandes d’or. Ce sont les armoiries de l’ancienne province de Champagne. Au centre vient s’ajouter un écusson d’argent au sanglier de sable, le sanglier des Ardennes. Une bande rouge chargée de trois râteaux d’or occupe la partie supérieure de l’écu. Il correspond aux armes de l’ancien comté de Rethel.

Les râteaux évoquent le milieu agraire : l’agriculture, les prairies de cette contrée. Placé sous la pointe, l’insigne des FFI nous rappelle l’engagement du gendarme Dominique Louge dans les Forces Françaises de l’Intérieur.

Enfin, recouvrant une partie des armoiries des Ardennes, on peut voir la croix de guerre 39-45, échelon bronze, avec citation à l’ordre du régiment, décoration qui a été décernée à titre posthume au Gendarme Louge, le 1er octobre 1945 .

Devise de la 4ème compagnie : “si vis pacem para militum” dérivée de la maxime latine “si vis pacem para bellum” “si tu veux la paix, prépare la guerre”. La devise est adaptée au rôle de chacun (cadres formateurs et élèves) : “si tu veux la paix, prépare le soldat”,  la formation des futurs gendarmes pour les cadres et l’apprentissage pour les élèves.[/box]

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