lundi 23 juillet 2018
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Jean-Dominique Nollet (Crédit photo: GT/L'Essor).
Jean-Dominique Nollet (Crédit photo: GT/L'Essor).

Qui est Jean-Dominique Nollet, pressenti pour prendre la tête du C3N ?

Nicolas Duvinage, le chef du C3N (Crédit photo: GT/L'Essor).
Nicolas Duvinage, le chef du C3N (Crédit photo: GT/L’Essor).

INFO L’ESSOR – Depuis dix ans, son terrain de jeu ce sont les couloirs d’Europol à La Haye (Pays-Bas). Plus pour longtemps. Le colonel Jean-Dominique Nollet, chef du centre de recherche de l’agence européenne de lutte contre la criminalité, devrait revenir prochainement dans les rangs de la Gendarmerie. L’expert, mèche blonde à la Tintin et regard espiègle, est pressenti pour prendre la tête du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) à l’été prochain. Ce fer de lance de l’Institution dans la lutte contre la cybercriminalité est actuellement dirigé par le colonel Nicolas Duvinage, qui devrait commander un groupement dans l’ouest de la France.

Lire aussi sur L’Essor : Comment les gendarmes font face à une cybercriminalité toujours plus massive

Une éventuelle nomination logique pour ce gendarme qui est devenu expert dans la lutte contre la cybercriminalité. A la tête de son laboratoire de 110 analystes à Europol, il suit de près les évolutions de cette forme de délinquance émergente. “Les rançongiciels sont de plus en plus populaires, car ils ne sont pas très complexes à créer et promettent un très fort anonymat pour leurs utilisateurs”, remarque par exemple Jean-Dominique Nollet. Dans son viseur également, l’internet des objets, dont la faiblesse structurelle inquiète les experts. La vulnérabilité des montres ou réfrigérateurs connectés pourrait bientôt ouvrir des failles dans la sécurité informatique et profiter aux cyberdélinquants.

 
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Un fin connaisseur d’Europol

Âgé de 49 ans, Jean-Dominique Nollet connaît Europol comme sa poche. Avant sa mutation en Hollande, il était déjà à la tête du bureau de liaison avec cette agence à la direction générale de la Gendarmerie nationale. Auparavant, ce Saint-Cyrien avait alterné les postes de commandant de compagnie et d’escadron de sécurité routière, après une formation en sciences criminelles à l’université Paris-X.

A Europol, Jean-Dominique Nollet arrive tout d’abord comme chef de l’analyse. “J’ai postulé en accord avec le commandement, se souvient-il. A l’époque, notre travail était relatif à l’analyse criminelle. Europol recoupait les données d’enquêtes en cours pour proposer des pistes de travail aux enquêteurs.” L’agence monte en puissance pour s’adapter aux évolutions de la criminalité et se focalise sur la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité et le crime organisé.

Les disques durs sont l'un des deux grands types de support numérique analysés par l'INL.
L’analyse d’un disque dur à l’IRCGN (Crédit photo GT/L’Essor).

Concrètement, le centre de recherche de Jean-Dominique Nollet offre sa force de frappe pour le décryptage de supports numériques et les investigations informatiques avancées. Ses clients, ce sont les services d’enquête judiciaire, les offices centraux… Le soir du 13 novembre 2015, les enquêteurs d’Europol découvrent avec effroi les attaques terroristes qui ont lieu dans la capitale française.

Dès que nous avons compris ce qui se tramait, nous sommes revenus au bureau pour travailler avec la matière disponible en source ouverte, explique Jean-Dominique Nollet. Puis, nous avons été saisis pour des analyses numériques des comptes en ligne et des matériels saisis chez les terroristes.”

Les indispensables bases de données

Si l’agence n’a pas de pouvoir d’enquête, son soutien opérationnel est précieux. “Vous ne pouvez plus résoudre en 2017 une enquête d’envergure dans votre coin, rappelle Jean-Dominique Nollet. Les bases de données sont devenues indispensables aux enquêteurs.” En dix ans, les échanges d’informations se sont accentués. Les polices européennes collaborent à travers Europol. Et même le prestigieux FBI américain partage ses enquêtes relatives à la cybercriminalité avec l’agence européenne, ce qui a permis, souligne Jean-Dominique Nollet, “de faire avancer de nombreuses enquêtes”.

Le siège d'Europol (Crédit photo: DR/Europol).
Le siège d’Europol (Crédit photo: DR/Europol).

Exemple avec l’enquête sur l’assassinat, en octobre 2017, d’une bloggeuse à Malte, Daphne Caruana Galizia, tuée dans l’explosion de sa voiture. Le centre de recherche d’Europol déploie de lourds moyens en projetant sur place pendant une dizaine de jours la moitié de ses effectifs, pour être au plus près du terrain. Europol propose également à la police maltaise, peu habituée à de telles affaires, une méthodologie tactique et technique. Même le FBI assiste les polices européennes dans cette enquête complexe qui aura permis de confondre trois suspects.

Pour les enquêteurs, Europol est désormais incontournable. Pas étonnant du coup de voir que l’agence emploie nombre de gendarmes. “N’hésitez pas à postuler!”, conseille d’ailleurs Jean-Dominique Nollet à ses camarades d’active.

La qualité de la formation des gendarmes est reconnue au niveau européen, ajoute-t-il. Il ne faut pas avoir peur de changer de statut – il n’y a pas de logement de fonction ni de Sécurité sociale française -, mais nous avons toujours essayé d’accompagner les gendarmes par un traitement individualisé pour leur retour.

Dans quelques mois, Jean-Dominique Nollet fermera ses dossiers et rangera ses cartons dans son bureau de La-Haye. En France, une nouvelle mission l’attend.

Gabriel Thierry

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