lundi 23 juillet 2018
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Une partie de la collection d’armes de l’IRCGN (DC/L'Essor).

Info L’Essor – Trois gendarmes inquiétés dans la saisie d’armes de la Sarthe

Des armes saisies par la Gendarmerie (crédit photo: Gendarmerie).
Un échantillon des armes saisies par la section de recherches d’Angers (crédit photo: Gendarmerie).

INFO L’ESSOR – 1900 armes saisies, 700 gendarmes mobilisés, et plus d’une centaine de perquisitions dans une cinquantaine de départements, le tout avec l’assistance d’Europol. Le coup de filet réalisé il y a quelques jours par la Gendarmerie dans le milieu du trafic d’armes est impressionnant. Mais la liste des 250 personnes auditionnées dans le cadre de cette enquête fleuve recèle cependant une surprise de taille. Car en tirant les fils de l’enquête, les limiers de la section de recherches d’Angers sont tombés nez-à-nez avec des gendarmes !

Selon nos informations, cinq gendarmes ont en effet été entendus en décembre 2017 dans le cadre de cette affaire. L’information, qui fait tousser dans l’Arme, n’avait pas filtré jusqu’à ce jour. Si deux d’entre eux ont été mis rapidement hors de cause, les trois autres ont été entendus pour avoir acheté ou vendu des armes illégales. Ces trois gendarmes d’active, de simples collectionneurs sans lien et situés en marge de l’affaire, ont oublié d’exiger lors de leurs achats les documents attestant de la provenance de l’arme.

Lire aussi sur L’Essor : Un gigantesque trafic d’armes mis au jour par la Gendarmerie

Aucun d’entre eux n’a pour le moment été mis en examen, rapporte à L’Essor une source proche de l’enquête – en tout, quatorze personnes ont été inculpées à ce jour dans ce dossier. Y-aura-t-il des suites judiciaires pour les trois gendarmes? Sollicité, le parquet de Rennes a déclaré à L’Essor ne pas vouloir communiquer sur cette affaire. La juridiction interrégionale spécialisée de Rennes devrait vraisemblablement réorienter une bonne partie des (nombreuses) procédures des simples détenteurs d’armes vers les parquets locaux, qui décideront de l’opportunité des poursuites pour détention illégale d’arme.

Avec cette enquête la section de recherches d’Angers a mis au jour l’un des plus vastes réseaux de trafic d’armes de ces dernières années. L’affaire avait débuté en septembre 2016 avec l’arrestation au Mans d’un engagé volontaire du 2e régiment d’infanterie en possession d’un pistolet automatique de calibre 7,65 fourni par camarade de régiment. En tout près de 1.900 armes détenues illégalement, dont des explosifs et de lance-roquettes, et près de 350.000 euros, ont été découverts par les enquêteurs derrière de fausses cloisons, des livres découpés, ou de faux ballons d’eau chaude…. Selon France Bleu, le profil des acheteurs d’armes est très divers : des collectionneurs, des membres du crime organisé ou des extrémistes d’un groupe survivaliste.

Gabriel Thierry

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