vendredi 22 juin 2018
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drone ismi catcher
Le drone ISMI Catcher mis au point par Risk & Co (Crédit photo: GT/ L'Essor).

La Gendarmerie en première ligne pour la surveillance des drones civils

Info L’Essor – La Gendarmerie est en première ligne dans un projet informatique de surveillance des drones civils. Ce chantier, dénommé “système d’information étatique des drones collaboratifs”, doit aboutir à un premier prototype qui sera testé au printemps, en avril ou mai, vient d’apprendre L’Essor.

La Gendarmerie se distingue donc une nouvelle fois en matière de drones. Mais cette fois-ci, c’est en travaillant sur un projet d’identification et de cartographie des drones civils considéré comme “pionnier à l’échelle mondiale” par l’Institution dans son plan stratégique de recherche et d’innovation.

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En charge du dossier depuis juillet 2017

Le drone NX70 de Novadem. Crédit : Novadem.
Le drone NX70 de Novadem utilisé dans la Gendarmerie (crédit photo: Novadem).

Chef de file dans ce dossier depuis juillet 2017 pour le ministère de l’Intérieur, la Gendarmerie met les bouchées doubles pour avancer. Le sujet est crucial : il s’agit de savoir si les drones volant aux abords de sites sensibles sont bien autorisés à circuler. Si l’émoi causé par les survols illicites de sites nucléaires en 2014 est retombé, la menace est elle jugée toujours aussi vive par les forces de sécurité.

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L’objectif est d’aboutir rapidement à une solution fiable et peu onéreuse. Pour l’instant, ce programme, qui doit être prêt pour janvier 2019, est évalué à environ deux millions d’euros. Il mobilise la direction des opérations et de l’emploi, le ST(SI)2 et les Forces aériennes de Gendarmerie, avec à la tête de ce programme le lieutenant-colonel Sébastien Clerbout.

Dans une interview au Haut-comité français pour la défense civile (HCFDC), à la fin février, le colonel Jean-François Morel, chargé de mission à la direction générale de la Gendarmerie nationale, a expliqué les grandes lignes du projet. Le système imaginé devra permettre de constater rapidement, via une carte, si des drones sont en infraction en survolant une zone interdite. De même, si un drone constaté visuellement n’est pas identifié sur cette carte, cela pourrait être un indice sérieux quant à son potentiel de malveillance.

Application informatique

Centrale nucléaire du Tricastin
Centrale nucléaire du Tricastin (Illustration).

L’application, qui devrait être accessible via la tablette Neogend, va pouvoir localiser les drones grâce au changement de réglementation entraîné par la loi d’octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils. Celle-ci prévoit, comme le recommandait le Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN) dans un rapport, l’obligation d’une immatriculation et d’un dispositif de signalement électronique à partir du 1er janvier 2019 pour les drones d’un poids supérieur ou égal à 800 grammes.

L’équipe en charge de ce projet à la Gendarmerie travaille ainsi notamment sur la questions des futurs échanges radios entre les drones civils et l’application imaginée. A charge pour ces experts en radiocommunication de mettre au point un protocole d’échange d’informations fiable tout en garantissant la protection des données.  

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Il reste cependant encore des questions juridiques à éclaircir. En dehors de la Gendarmerie ou de la Police, l’outil devrait également profiter à d’autres corps, publics ou privés, de l’Administration pénitentiaire aux agents de sécurité privée protégeant des sites sensibles. La Gendarmerie réfléchit ainsi à pouvoir ouvrir des accès limités en fonction des habilitations de l’usager. Réponse dans quelques mois avec la version finale du programme.

Gabriel Thierry

370 survols illicites constatés depuis 2012

En tout, la Gendarmerie – c’est la Gendarmerie des transports aériens qui est chargée des enquêtes – comptabilise à l’heure actuelle 370 survols illicites depuis 2012, dont 160 incidents depuis 2014. Ces derniers sont d’abord en lien avec le secteur nucléaire (40%), en ville ou aux abords de sites militaires (20% chacun environ), et à proximité d’infrastructures critiques (10% environ). Un dernier phénomène émergent inquiète également la Gendarmerie : des livraisons de téléphones ou de produits stupéfiants en détention, comme en août 2017 au centre pénitentiaire de Valence.

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