vendredi 24 mai 2019
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Edito du numéro 515 : La PSQ, un état d’esprit qu’il faudra inculquer !

A la manière de M. Jourdain, qui faisait de la prose sans le savoir, la Gendarmerie avait déjà initié la Police de sécurité du quotidien, avant même que Gérard Collomb ne la détaille, lors d’un show à l’Ecole militaire.

–  Les brigades de contact  ? Voulues par le général Lizurey à son arrivée à la Direction (et lancées en 2017 par l’éphémère ministre, Bruno le Roux).

–  Néogend  ? Projet initié en septembre 2014.

La Police de sécurité du quotidien est un état d’esprit“, a notamment dit le DGGN, qui a assuré le service après-vente (sur RTL).

Rien de neuf, en somme, si on estime que le contact et la proximité sont des valeurs intrinsèques à la Gendarmerie, forte d’une pratique multiséculaire en la matière  ! Eh bien, détrompez-vous  ! Car les gendarmes n’ont pas tous cet état d’esprit. Ce sont eux qui le disent, dans l’enquête* conduite auprès de 70  057 policiers et gendarmes dans le cadre de cette PSQ.

Ils sont en effet plus de 55  % à estimer que “leur formation sur l’importance de nouer des contacts avec la population est insuffisante“  ! Qu’il faille apprendre à de futurs gendarmes l’importance de nouer des contacts avec le public, alors que c’est le b.a.-ba. du métier,  il y a de quoi être interloqué  ! Et s’interroger sur le recrutement…

La Gendarmerie, qui a prévu de recruter 50.000 militaires dans les cinq ans, aura donc un double défi à relever : former ses recrues au contact, ce qui est le cas, comme l’a dit à L’Essor, en novembre, le général Morterol, commandant des écoles. Mais avant : inculquer aux futurs gendarmes l’importance de nouer des contacts. Ce fameux “état d’esprit“, qui n’aurait, tout le monde en convient, jamais dû quitter l’Arme.

Mais cela n’est visiblement pas gagné. Question d’époque, sans doute…

Didier Chalumeau, rédacteur en chef adjoint

*Consultation PSQ Police et Gendarmerie. Opinion Way, déc. 2017.

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