vendredi 6 décembre 2019
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Edito du numéro 495

Protéger la famille gendarmique

L’assassinat d’un couple de policiers à leur domicile par un jihadiste, le 13 juin à Magnanville, a suscité une vive émotion chez leurs collègues gendarmes. Un émoi d’autant plus fort que les gendarmes – statut oblige – vivent avec leurs proches au vu et au su de la population, dans des milliers de bâtiments de toute taille disséminés dans la France entière.

Cette proximité des gendarmes et de leurs familles avec la population en fait des cibles encore plus visibles que les policiers et leurs familles, qui peuvent séparer vie professionnelle et vie privée.

Cette fragilité fonctionnelle des 99  000 gendarmes d’active et de leurs familles n’a pas échappé au Directeur de la Gendarmerie. Le général Denis Favier a réuni, dans les heures qui ont suivi le drame de Magnanville, un groupe de travail pour arrêter des mesures de protection d’urgence, comme la simplification du port d’arme hors service ou la rédaction d’un guide de «  Vigilance famille  ».

Le patron des gendarmes a par ailleurs insisté sur l’importance de la «  vigilance collective  ». Une vigilance «  impérative  », et qui ne «  doit souffrir d’aucun relâchement, malgré le quotidien  », a-t-il insisté un peu plus tard sur son blog.

Car le pire ennemi de la sécurité, ce n’est pas l’ennemi lui-même, mais bien la routine.

Le gendarme est habitué – et c’est heureux – à décompresser en passant la porte de son domicile pour retrouver les siens.

Désormais, il va devoir développer les mêmes réflexes opérationnels dans la cour de la caserne et chez lui que dans sa vie de «  soldat de la loi  » au service de la population.

Pierre-Marie Giraud, rédacteur en chef

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