jeudi 23 mai 2019
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Edito du numéro 493

Liberté d’expression et devoir de réserve

Auteur de «  Tout ce qu’il ne faut pas dire  » (Plon), un ouvrage controversé, le général Bertrand Soubelet ne connaissait toujours pas son sort au moment où nous mettons sous presse.

Le cas de ce général quatre étoiles de Gendarmerie pose une nouvelle fois le problème de la liberté d’expression et du devoir de réserve des militaires.

Alors directeur des opérations et de l’emploi (DOE) à la Gendarmerie, numéro trois de l’institution, le général Soubelet avait tenu, le 18 décembre 2013, devant une commission parlementaire sur l’insécurité, des propos sans langue de bois sur la délinquance. Des déclarations conformes à ce que l’on est en droit d’attendre de la part d’un haut responsable auditionné par une commission parlementaire.

Ces propos, passés inaperçus, seront repris trois semaines plus tard par une dépêche de l’AFP. «  L’affaire Soubelet  » débute. En août 2014, le général quitte son poste de DOE pour celui de patron de la Gendarmerie d’outre-mer, une mutation considéré par beaucoup comme une sanction déguisée.

Fin mars 2016, l’ouvrage du général Soubelet paraît et rencontre un vrai succès (31  200 exemplaires vendus).
Un succès provoqué par la très large couverture médiatique de ce livre consacré aux réflexions personnelles du général Soubelet sur la sécurité et la justice. Des réflexions qui s’affranchissent allègrement du devoir de réserve.

Si les militaires bénéficient, comme tout citoyen, de la liberté d’opinion, leur liberté d’expression reste limitée.
La mise en place d’Associations professionnelles nationales militaires (APNM), dont les décrets d’application seront bientôt publiés, va étendre leur liberté d’expression.

Il reste maintenant, peut-être, à redéfinir les limites du devoir de réserve, une obligation qui s’applique à tous les fonctionnaires de l’Etat, militaires compris.

Pierre-Marie Giraud, rédacteur en chef 

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