jeudi 12 décembre 2019
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Edito du numéro 492

Redonner sa place au renseignement humain territorial

L’arrestation à Molenbeek, en Belgique, de Salah Abdeslam confirme – s’il en était besoin – l’importance du renseignement  humain territorial dans la lutte anti-terroriste. C’est grâce à un appel que les policiers belges sont parvenus à localiser cet homme,  maillon essentiel des attentats meurtriers du 13 novembre 2015 à Paris.

La longue histoire de l’espionnage et de contre-espionnage fourmille d’exemples où les informations livrées par un seul homme se sont révélées capitales. Plus récemment, des mouvements et des réseaux terroristes ont pu être démantelés grâce à des «  tuyaux  ». Ainsi, les quatre membres du noyau dur d’Action directe ont-ils été arrêtés, le 21 février 1987, dans une ferme perdue du Loiret, à la suite d’un renseignement parvenu à la DST.

Ces «  tuyaux  » proviennent principalement du renseignement territorial, l’une des grandes forces, d’ailleurs, de la Gendarmerie. Un renseignement territorial qui reste pourtant le parent pauvre du renseignement, avec la multiplication et la sophistication des outils techniques d’interception. Les implantations territoriales, selon un récent rapport d’information du Sénat, «  n’ont pas été suffisamment adaptées à l’évolution de la menace  ».

Or, la lutte anti-terroriste menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) se nourrit de ces «  signaux faibles  » détectés par le renseignement territorial, alimenté par les policiers et les gendarmes.

Les anciens Renseignements généraux (RG), fondus dans la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ont été partiellement remplacés sur le terrain par la Sous-Direction de l’information générale (SDIG), devenue, en 2014, le Service central du renseignement territorial (SCRT).

De son côté, la Gendarmerie a créé, fin 2013, la Sous-Direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), fort mal reçue par les syndicats de police, qui y voient une brèche dans le monopole du renseignement exercé jusque-là par la police.

Ces deux structures – le SCRT et la SDAO – doivent être davantage reconnues et mieux utilisées, car elles sont les seules à pouvoir faire remonter ces précieux «  tuyaux  ».

Pierre-Marie Giraud, rédacteur en chef 

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