jeudi 18 juillet 2019
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Edito du numéro 487

Sisyphe et les gendarmes de Calais

Chaque nuit, les gendarmes mobiles interceptent puis refoulent des dizaines de migrants qui tentent de pénétrer dans la zone du tunnel sous la Manche pour gagner la Grande-Bretagne. Le lendemain, les mêmes ou d’autres tentent leur chance devant les mêmes gendarmes.

Les Shadoks pompaient sans trop savoir pourquoi. A Calais, 1  300 gendarmes et policiers font face à 6  000 migrants. Inlassablement, ceux-ci reviennent à l’assaut des grillages et des barbelés, avant d’être refoulés. Les gendarmes s’interrogent sur l’utilité de leur mission.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, multiplie les déplacements à Calais (six en un an) et les déclarations. La dernière en date promet de «  rendre la frontière encore plus étanche pour dissuader les passeurs et les migrants  ».

De l’autre côté de la Manche, le gouvernement anglais répète à l’envi qu’il ne souhaite pas l’arrivée de ces migrants.

Du coup, des milliers de pauvres bougres afghans, érythréens, syriens, irakiens, fuyant la guerre et la misère, s’entassent dans la «  jungle  » de Calais, un immense camp improvisé, aux conditions sécuritaires et sanitaires de plus en plus difficiles.

Que peut faire le gouvernement français  ? A vrai dire, pas grand-chose de plus, si ce n’est tenter d’améliorer les conditions de vie des migrants et proposer à ceux qui relèvent du statut de réfugié d’accéder à l’asile en France.

En attendant un très hypothétique règlement de la situation à Calais, les gendarmes, comme Sisyphe, montent chaque jour la garde devant la zone du tunnel, interpellant et relâchant les candidats au passage vers la Grande-Bretagne.

Les quatre escadrons de gendarmes mobiles présents à Calais seraient certainement employés plus utilement à aider leurs collègues départementaux à lutter contre les cambriolages, comme ils l’ont fait avec succès depuis plus d’un an.

Pierre-Marie Giraud, rédacteur en chef

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