vendredi 6 décembre 2019
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Edito du numéro 486

La lutte contre le trafic des armes de guerre,
une impérieuse nécessité

Terrorisme, grand banditisme, règlements de comptes : les armes de guerre – surtout la Kalachnikov – tuent. Ce constat macabre se confirme jour après jour. Dernier épisode en date  : le 13 septembre à Marseille, où une fusillade à l’arme automatique a fait un mort et trois blessés graves.

Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve annonçait qu’il présenterait d’ici à six semaines un «  plan global extrêmement offensif de lutte contre le trafic et la détention d’armes  ». Selon le ministre, quelque 6  000 armes sont saisies chaque année, dont 1  200 armes de guerre.

Ce plan n’est pas le premier du genre. Plusieurs locataires de la Place Beauvau se sont déjà cassé les dents sur ce trafic de fourmis, difficile à déceler et qui passe sous les radars des services spécialisés  : à chaque fois, trois ou quatre Kalachnikov et quelques dizaines de chargeurs voyageant dans un bagage déposé dans la soute d’un autocar ou dans un poids lourd. Ou un fusil d’assaut démilitarisé, destiné à un collectionneur et remis en état à peu de frais.

Au fil des dernières années, la meurtrière Kalachnikov est devenue tout à la fois une arme emblématique des cités marseillaises gangrénées par le trafic de drogue, et le symbole de la virilité criminelle. Une arme robuste et facile à entretenir, d’un bon rapport qualité/prix, même si son utilisation demande un minimum de maîtrise. Une arme venue principalement des arsenaux prolifiques de l’ex-Yougoslavie et de l’Albanie, qui se vend autour de 2  000 euros, un «  petit prix  » à comparer aux dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires du moindre trafic de cannabis.

La tâche des gendarmes et des policiers dans la lutte contre le trafic d’armes de guerre est donc ardue, mais d’une impérieuse nécessité. Que dirait-on si des gendarmes et des policiers laissaient passer une arme utilisée dans un attentat terroriste  ?

Mais cette impérieuse nécessité a aussi un coût technique et humain : celui de contrôles plus nombreux par les forces de l’ordre, et celui d’un engagement plus intense des services de renseignement, déjà complètement mobilisés par la détection d’éventuelles actions jihadistes en France.

Pierre-Marie Giraud, rédacteur en chef

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