vendredi 6 décembre 2019
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Edito du numéro 479

Après les attentats de Paris, ne pas baisser la garde

Les attentats de Copenhague (2 morts) le samedi 14 février, cinq semaines après ceux de Paris (17 morts), nous rappellent –  s’il en était besoin  – qu’il ne faut pas baisser la garde.

Le ventre de la bête, d’où peut surgir un homme armé d’une Kalachnikov pour viser les symboles de la liberté d’expression, les juifs ou les représentants de l’ordre, est encore fécond. D’autant plus que l’organisation Etat islamique multiplie les menaces contre la France.

Tous les efforts doivent être déployés pour détecter, isoler et arrêter les jihadistes avant qu’ils ne passent à l’acte. Une surveillance de tous les instants, doublée d’une protection la plus large possible, des cibles visées par les terroristes.

Mais la tâche des services du renseignement intérieur, qui vont recevoir des renforts, celle des policiers, des gendarmes et des militaires de Vigipirate, risque de se heurter à plusieurs écueils. D’abord celui de la lassitude et d’une baisse de la vigilance, un phénomène inévitable.

Jusqu’où les armées, dont les effectifs ont été réduits drastiquement ces dix dernières années, pourront-elles assurer la relève des quelque 10  000 hommes de Vigipirate déployés dans toute la France, alors que les opérations extérieures continuent  ?

L’un des piliers de la sécurité des Français reste la Gendarmerie. Elle a prouvé son savoir-faire et sa capacité de mobilisation dans la traque des frères Kouachi. Elle doit maintenant prendre toute sa place au côté de la Police pour participer à la recherche et à l’analyse du renseignement, avec la montée en puissance de la Sous-Direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), créée en décembre 2013 par la Direction générale.

La coordination Police/Gendarmerie – particulièrement celle des unités d’intervention – dans la traque et la neutralisation des frères Kouachi et d’Amédy Coulibaly s’était parfaitement déroulée. Les Français ne comprendraient pas que, faute d’un outil d’analyse du renseignement commun aux policiers et aux gendarmes, d’autres Kouachi ou Coulibaly passent entre les mailles du filet.

Pierre-Marie Giraud, rédacteur en chef de “L’Essor de la Gendarmerie”

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