samedi 14 décembre 2019
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Edito du numéro 472

Les incertitudes de l’Arme

Les gendarmes, du plus jeune sous-off au général le plus gradé, ont aujourd’hui encore des raisons de s’interroger, non pas tant sur leur avenir que sur leur statut et sur l’organisation de leur Arme.

S’agissant du dualisme des forces de l’ordre, avec une police civile et une force militaire, toutes les deux rattachées au ministère de l’Intérieur depuis 2009, la situation semble à peu près stabilisée et globalement acceptée. Encore qu’il y ait, ici et là, des partisans du retour de la GN au bercail du ministère de la Défense. On doit aussi noter que le Front national, devenu poids lourd politique, est favorable à ce retour aux sources.

S’agissant du poste de DG de la GN, les socialistes, jusqu’en 2012, étaient tous d’avis de désigner un haut fonctionnaire civil. Le très écouté secrétaire national du PS chargé de la sécurité, M. Jean-Jacques Urvoas, parlait de «  démilitariser  » la Direction générale de la gendarmerie… Il penchait pour un magistrat du Conseil d’Etat.

Son camarade Manuel Valls – et concurrent au poste de ministre de l’Intérieur – était sur ce point sur la même ligne. Son premier choix fut de ne pas «  débarquer  » le directeur général Jacques Mignaux, dont le départ à la retraite était fixé au mois d’avril 2013. Et le second de recruter comme conseiller le général Favier. Qui fut si bien apprécié par son ministre qu’il fut nommé DG le 10 avril 2013. Pour autant, et pour les socialistes – mais ça vaut aussi pour l’UMP –, la nomination d’un officier général à la tête de la GN n’est pas devenue un dogme.

Tout en demeurant des militaires, les gendarmes, en s’intégrant progressivement au sein du « Minint  », sont de plus en plus souvent placés dans des structures «  mutualisées  » avec des policiers, et aussi, aux niveaux régional comme départemental, sous la coupe des préfets, auxquels commandants de région et de groupement doivent rendre compte de façon permanente. La militarité demeure, mais elle change…

En outre, la Police nationale étant, de fait, quasiment cogérée, à tous les niveaux, par l’autorité administrative et des syndicats tout puissants, ceux-ci ne supportent pas la cohabitation avec une Arme dont les syndicats sont évidemment exclus. Ils veulent bien du dualisme, à condition que la «  démilitarisation  » porte sur le statut…

Dans ce contexte, les gendarmes, soldats de l’ordre et de la stabilité, se regroupent naturellement autour de leurs chefs, et de leur DG en particulier. Ils font la tortue. Qu’ils sachent surtout qu’ils peuvent compter sur l’opinion publique, qui les aime. Et sur «  L’Essor  », qui les défendra toujours.

Alain Dumait, directeur de «  L’Essor  »

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