samedi 14 décembre 2019
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Edito du numéro 467

Les généraux de la Gendarmerie n’ont pas le monopole de la libre expression !

En mettant en cause publiquement la politique pénale et ses conséquences sur le travail des forces de l’ordre (cf. n° 466 de « L’Essor », p. 4), le général Bertrand Soubelet a créé un précédent qui a incité, semble-t-il, le général Pierre Renault, directeur des soutiens et des finances, à déclarer, le 21 janvier 2014, que le budget de la Gendarmerie « nous met le dos au mur, et cela pourrait conduire à des tensions sur certains points de dépense en cas d’activité plus intense »…

Le général Philippe Mazy, directeur des personnels militaires, a suivi, soulignant que 1 800 postes ne peuvent être pourvus faute de budget, et qu’il devient urgent de rénover la concertation au sein de la Gendarmerie. Cette prise de parole des généraux n’est pas réservée à la Gendarmerie et, notamment dans l’armée de Terre, des officiers généraux n’hésitent plus à dénoncer des insuffisances ou des ambiguïtés dans les projets gouvernementaux.

A tel point que certains s’en inquiètent, et que l’on peut lire dans une revue militaire (« L’Orme », Bulletin des officiers de réserve de la région de Melun) : « Introduire dans nos armées, certes pour la bonne cause, une contradiction publique de la politique de défense du gouvernement, et même de sa politique militaire (les moyens de la défense), c’est introduire le ver dans le fruit. Jusqu’où ira le ver ? »

On se rend compte, ainsi, de l’inquiétude des états-majors, qui sentent le risque de voir exploser le fameux « devoir de réserve », protecteur de la tentation syndicale, et, par voie de conséquence, de l’esprit de l’indispensable discipline militaire.

Pour rester dans la Gendarmerie, la hiérarchie incite depuis plusieurs mois les officiers à adhérer à la Snaag, devenue l’année dernière « Les Amis de la Gendarmerie », publication paraofficielle et, de ce fait, tenue pour « canalisatrice ».

C’est pour nous l’occasion de rappeler que « L’Essor », mensuel apolitique et indépendant, a vocation à assurer, en liaison avec l’UNPRG, la défense des personnels en activité et en retraite, et l’amélioration des conditions de travail de la Gendarmerie tout entière. Et aussi, constitue le forum naturel de tous ces personnels, hors toute pression hiérarchique.

« L’Essor de la Gendarmerie nationale », sous mon autorité, dans la droite ligne de nos illustres prédécesseurs, continuera à assurer cette défense et cette représentation. C’est sa vocation et son devoir, puisque nous sommes les seuls à être en position légitime de le faire.

Alain Dumait, directeur de « L’Essor »

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