samedi 14 décembre 2019
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Edito du numéro 465

Une nouvelle autorité gendarmique…

Attendu depuis de longs mois, annoncé depuis plus d’un an, le nouveau code de déontologie, commun à la Police nationale et à la Gendarmerie – dernier avatar de la doctrine dite de « mutualisation » –, a donc été publié le 6 décembre.

Comme annoncé, et voulu personnellement par le ministre Manuel Valls, il comporte une obligation de port d’un matricule, à apposer sur tout uniforme. Les caractéristiques de ce « détail » (sa taille et même le nombre de signes) ont été, in fine, validées par le défenseur des droits, M. Dominique Baudis – nouvelle autorité gendarmique ? (non élu, sans autre légitimité que d’avoir été désigné, d’ailleurs par le précédent gouvernement…) – qui exigeait d’être consulté, profitant de l’occasion pour répéter qu’il fallait, selon lui, que soit également expérimenté, sans délai, la délivrance de « récépissés d’interpellation »…

Sans vouloir épiloguer sur ces questions, plusieurs fois déjà abordées ici, redisons qu’à « L’Essor » nous y sommes fermement opposés.

Il n’y avait aucune raison d’appliquer aux gendarmes, qui sont des militaires, un nouveau code, voulu et conçu pour les policiers. Même si, pour ceux-ci, cela permet de « faire passer la pilule »… D’ailleurs, s’il ne s’agissait que de cela, pourquoi n’avoir pas étendu le « bénéfice » de ce nouveau code à l’ensemble des forces de sécurité, pompiers, douaniers et policiers municipaux compris ?

Quand le souci de symétrie (ou de parallélisme) aboutit à cette nouvelle obligation de l’immatriculation, on touche au grotesque. Et même à l’absurde ! (Question : faut-il étendre cette obligation aux gendarmes opérant en Opex ? Et pourquoi pas à nos soldats de l’armée de Terre opérant en ce moment en Centrafrique ?…)

Sur ces questions comme sur beaucoup d’autres, la position de « L’Essor » résulte d’une culture dont les bases ont été posées par le fondateur, Jean Cousteix. Esprit visionnaire, il avait compris que l’avenir de la Gendarmerie résidait dans sa spécificité, et donc dans l’autonomie de l’Arme, avec son statut, son histoire et ses traditions… Il voulait même qu’elle soit dotée de dénominations de grades et de décorations nouvelles !… (notre nouvelle rubrique « Il y a 60 ans, dans “L’Essor” », p. 11). Nous suivons son enseignement, très moderne. Avec André Malraux, nous pensons que l’avenir (de la Gendarmerie) est un présent que nous fait le passé… Et nous savons que l’histoire ne respecte pas ce qui se fait sans elle. A bon entendeur…

Alain Dumait, directeur de « L’Essor »

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