vendredi 24 mai 2019
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Edito du numéro 462

Solidarité intergénérationnelle

Dans une interview à la revue «  Notre temps  », le Premier ministre Jean-Marc Ayrault déclare :
« Contrairement à certaines affirmations, les retraités ne sont pas des égoïstes. La solidarité intergénérationnelle existe dans les familles. La réforme [du gouvernement] garantit à chaque génération la continuité et le partage de notre modèle social. Il a bénéficié aux retraités d’aujourd’hui et doit continuer à bénéficier aux personnes plus jeunes.  »

Cette référence à la solidarité entre les générations nous interpelle, car cette idée est au cœur de la doctrine commune à notre journal et à l’UNPRG, telle que voulue et enseignée par notre fondateur commun, Jean Cousteix, dont nous suivons fidèlement la ligne. Il avait compris que la Gendarmerie, privée de droit syndical du fait de son appartenance aux armées, avait besoin de défenseurs, et que ce rôle incombait à ceux qui, ayant bien servi, avec courage et dignité, se devaient d’apporter leur aide à leurs successeurs.

C’est sur cet argument de la solidarité volontaire entre les générations de gendarmes que Jean Cousteix parcourait les escadrons et les légions et recrutait en personne de nouveaux adhérents à l’UNPRG.

Cela nous amène-t-il à approuver l’appel du Premier ministre  ? Pas tout à fait… Pour plusieurs raisons :

–  Tous les retraités apprécieront d’entendre qu’ils «  ne sont pas des égoïstes  ». Le fait qu’ils aident financièrement leurs enfants (au chômage) et leur petits-enfants (en recherche d’emploi) le prouve en effet. Mais on entend aussi qu’ils seraient «  égoistes  » s’ils s’opposaient à la réforme du gouvernement… Et cette façon d’ostraciser les adversaires de cette réforme rélève d’une dialectique discutable.

– La réforme a pour finalité «  la continuité  » et même la survie de notre «  modèle social  ». Sans doute. Mais un «  modèle social  » au bord de la faillite est-il si parfait  ?

–  «  Il a bénéficié aux retraités d’aujourd’hui et doit continuer à bénéficier aux personnes plus jeunes.  » Sauf qu’il est dans la nature d’un système «  par répartition  » d’être moins favorable quand le ratio entre actifs et inactifs évolue défavorablement…

Les retraités, y compris ceux de la Gendarmerie, prendront acte de la réforme du financement du système des retraites. Ils n’ont pas à l’approuver. Ni à recevoir de leçons de solidarité  !

Alain Dumait, directeur de « L’Essor »

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