samedi 20 juillet 2019
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Edito du numéro 458

Non au matricule pour les gendarmes !

J’avais, il y a quelques années, dénoncé dans « L’Essor » la proposition de faire porter aux militaires de la Gendarmerie un badge les identifiant. Le but recherché était de pouvoir mettre en cause un militaire de l’Arme ayant commis une « bavure ». Compte tenu de mes réactions… – relayées d’ailleurs par de nombreux responsables d’unité –, le projet avait été abandonné.

On parle maintenant de doter les policiers et les gendarmes d’un numéro matricule apparent sur le col de leur vareuse, ce qui permettrait de désigner un agent des forces de l’ordre fautif et de se plaindre à sa hiérarchie…

Décidément, je constate que les idées contestables ont la vie dure… Les gardiens de la paix ont été, autrefois, dotés d’un matricule. Mais les gendarmes, de statut militaire, n’ont jamais été distingués de la sorte. En tout état de cause, j’espère qu’ils ne le seront jamais, et il m’est agréable d’avoir l’occasion de reprendre les arguments que j’avais développés précédemment, à savoir :

– Les personnes interpellées par les gendarmes peuvent relever le matricule et reconnaître, plus tard, le ou les gendarme(s) en cause. Cette sortie de l’anonymat, dans un temps où les membres du GIGN et du GIPN agissent toujours masqués pour éviter d’être reconnus, soumet les gendarmes interpellateurs à des risques de vengeance sur eux-mêmes ou sur leur famille. Ce risque supplémentaire est d’autant moins admissible que les représentants de l’autorité font, de plus en plus, l’objet d’un irrespect croissant…

– Les personnes ayant à se plaindre d’un gendarme transmettent le matricule à l’autorité qui reçoit la plainte. Celle-ci doit effectuer des recherches, ce qui prend du temps, et, surtout, demande des moyens supplémentaires en personnel, à une époque où les membres des forces l’ordre s’estiment débordés par leurs tâches habituelles.

– Il peut y avoir des erreurs, parfois volontaires, dans le relevé du matricule, et il faudra faire preuve de circonspection et mener une enquête si le gendarme désigné nie les faits. Là aussi, une perte de temps.

– Enfin, sur un plan purement psychologique, le gendarme se sent assimilé à un numéro dépersonnalisé. C’est démotivant et, à la limite, vexatoire. J’espère que, comme précédemment, le projet fera l’objet d’une réflexion plus approfondie, et qu’il sera remis dans des cartons d’où il n’aurait jamais dû sortir.

En tout état de cause, cette affaire m’a permis de reprendre contact avec « L’Essor » qui me rappelle tant de souvenirs, et je remercie Alain Dumait de m’avoir ainsi donné la possibilité de me rajeunir, et de me rendre, encore, utile.

Jacques Revise, ancien directeur (1973-2003)

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