vendredi 24 mai 2019
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Couverture de l'Essor N°450, octobre 2012
Couverture de l'Essor N°450, octobre 2012

Edito du numéro 450

Les retraités ne sont pas des vaches à lait !

Il y a en France 16 millions de retraités qui, dans l’imaginaire de leurs compatriotes, sont des privilégiés par rapport aux actifs. D’après la Cour des comptes, ils bénéficieraient de niches fiscales dont la suppression – que le gouvernement envisagerait – pourrait rapporter 12 milliards d’euros par an.

Cette appréciation du retraité nanti est à la vérité une légende : un million de pensionnés vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il convient en outre de bien appréhender le fait que, dans un temps où les remboursements de la Sécurité sociale sont en baisse constante et où les mutuelles ne cessent d’augmenter leurs tarifs, les retraités vivent de plus en plus longtemps, ce qui augmente le montant de leurs prescriptions médicales.

Insidieusement, le coût de la vie ne cesse de grimper, et les réformes successives de 1993, 2003 et 2010 n’ont rien changé. Bien au contraire, elles ont affaibli de façon significative le niveau des pensions. Rappelons qu’en ce qui concerne plus particulièrement la Gendarmerie, la suppression des articles 15 et 16 du code des pensions civiles et militaires de retraite a nivelé les revenus des personnels de l’Arme, alors que dans le même temps les soldes augmentaient de façon significative.

Si cette mesure considérée avec raison comme injuste par tous les retraités de la Gendarmerie était abolie, on pourrait essayer d’aller – fût-ce avec avec modération – dans le sens des observations de la Cour des comptes. Mais ce n’est pas envisageable aujourd’hui : les revendications de nos anciens s’appuient aussi sur le fait que leurs épouses ne pouvaient exercer d’activité en raison des nombreuses mutations leur interdisant ainsi l’accès au double salaire.

Par ailleurs, sur un plan tout simplement humain, ponctionner les retraités conduit à créer un déséquilibre entre les générations à une époque où les parents à la retraite, en se serrant la ceinture, aident de plus en plus leurs enfants ou leurs petits-enfants.

C’est pourquoi « L’Essor », en parfaite osmose avec l’UNPRG, s’élève vivement contre toute ponction supplémentaire du montant des retraites : les vieux soldats qui furent soumis à des conditions de vie difficiles, qui ont économisé sou par sou, ont le droit de bénéficier d’une retraite décente.

Ce gouvernement veut taxer les riches. Encore faut-il qu’il ne commette pas d’erreur et comprenne bien que la quasi-totalité des retraités militaires n’appartient pas à cette catégorie.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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