vendredi 24 mai 2019
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Edito du numéro 449

Une protection pas assez rapprochée

Le 18 juin dernier, deux femmes gendarmes, pourtant munies de gilets pare-balles, sont assassinées à Collobrières (Var). Le 29 juin à Dorin (commune de Maripasoula, en Guyane), deux militaires sont tués et quatre gendarmes blessés, dont deux grièvement, par des tirs de fusils d’assaut (calibres 5.56 et 7.62).

C’est un bilan tragique qui induit plusieurs constatations.

Tout d’abord, le trafic des armes prend de plus en plus d’importance. Ainsi, se procurer une kalachnikov est une opération banale… On estime que depuis 1947, de 70 à 110 millions de fusils d’assaut ont été fabriqués, et qui se négocient entre 400 e et 2 000 e, et un pistolet de calibre 11.43 peut s’acheter en France pour 400 e. Les sources d’approvisionnement sont diverses, mais la guerre en ex-Yougoslavie a largement approvisionné les marchés.

Ensuite, on constate que l’uniforme a longtemps, en temps de paix, bénéficié d’une certaine protection par crainte des conséquences pénales. Aujourd’hui il est devenu une cible privilégiée, et les pompiers, les douaniers, les policiers et les gendarmes, non seulement ne sont plus à l’abri, mais ils sont devenus tout simplement, dans certains quartiers dits « sensibles », des gêneurs à abattre.

Cette réflexion pessimiste incite à prendre des mesures.

Tout d’abord, sur le plan répressif, il faut appliquer les textes (qui existent) avec rigueur et fermeté : tous ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre doivent savoir qu’ils ne bénéficieront d’aucune indulgence et subiront les peines maximales prévues par la loi.

Sur le plan préventif, les mesures sont connues, mais là aussi il faut les mettre en application.

Ainsi, il est indispensable de :
– disposer d’effectifs suffisants pour assurer, et notamment de nuit, des interventions étoffées : les patrouilles à deux deviennent obsolètes, même dans les endroits réputés tranquilles ;
– refondre les textes sur l’ouverture du feu et dissiper la hantise de la bavure, du moins de la mise en examen pour blessures (ou homicide) involontaires. (En même temps, intensifier les exercices de tir et l’instruction de combat rapproché) ;
– renforcer les matériels de protection individuelle et insister sur la nécessité de les utiliser en cas de danger ;
– améliorer la protection juridique des personnels, ainsi que les protections sociales et financières en cas de décès ou d’incapacité permanente, et également l’assistance psychologique.

Tous ces chantiers doivent être ouverts sans attendre… et les dispositions qui seront prises doivent être appliquées. Il en va de la sécurité des personnels de l’Arme dans ce climat de violence et d’insécurité qui caractérise notre société.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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