jeudi 12 décembre 2019
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Edito du numéro 448

La Gendarmerie meurtrie dans sa chair

L’assassinat de l’adjudant  Alicia Champlon, 29 ans, et du maréchal des logis-chef Audrey Bertaut, 35 ans, par Abdallah Boumezaar, a suscité une énorme émotion dans la Gendarmerie, mais aussi dans la France entière.

C’est la première fois que deux gendarmes – deux jeunes femmes – appelées pour une affaire en apparence banale sont littéralement abattues, l’une et l’autre, par un malfaiteur agissant de sang-froid. Indignés, exaspérés, dégoûtés, tels sont les sentiments de l’ensemble de la famille gendarmique vis-à-vis de criminels et délinquants de toute sorte qui s’en prennent à ceux qui sont chargés de la sécurité des citoyens.

Cet acte met l’accent sur la montée en puissance de la violence, notamment dans ces territoires de la France profonde où on avait l’impression d’être à l’abri de tragédies de cet ordre. Le fait que les victimes de cette tuerie soient deux jeunes femmes ajoute au sentiment d’effroi et de compassion d’une société qui semble dépassée. Ce drame met également en relief le laxisme de la justice, puisqu’il s’agit d’un individu sortant de prison après six années de détention, déjà connu pour des faits de violence. Tout récemment, en ce mois de juin, il s’en était pris violemment à sa propre mère, mais s’en est sorti avec une mise à l’épreuve et une obligation de soins.

La nécessité de maintenir une bonne implantation de brigades en zone rurale pour assurer une surveillance efficace et continue est plus que jamais évidente. Le maillage territorial des unités de Gendarmerie n’est plus du tout adapté, et cela depuis la création des communautés de brigades. Il faut un renforcement des effectifs sur le terrain. Ces constatations incitent à conduire une réflexion qu’il appartient au nouveau gouvernement de mener, et ceci dans la concertation avec tous les responsables concernés.

La Gendarmerie, quant à elle, met ses drapeaux en berne. Deux de ses membres ont été tués en service, et elle apprécie qu’un hommage national leur soit rendu.  A « L’Essor » et à l’UNPRG, nous associant bien entendu au deuil qui nous frappe tous, nous  avons une pensée particulière pour les familles si durement touchées, et nous formons le souhait que tout soit mis en place pour juguler cette violence qui, hélas, caractérise notre époque et qu’il faut absolument combattre.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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