dimanche 18 août 2019
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Edito du numéro 447

Un avenir en « rose » pour la Gendarmerie

L’élection du président François Hollande et la nomination du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, avec Manuel Valls à l’Intérieur, augurent-elles d’un avenir favorable pour la Gendarmerie ? On serait tenté, dès l’abord, de constater qu’il ne sera pas difficile de faire mieux que durant la période précédente, marquée par les nombreuses atteintes, tant symboliques que matérielles, à notre Institution. D’emblée, la situation très critique des effectifs sera prise en compte, puisque non seulement les réductions annuelles de la Révision générale des politiques publiques prendront fin, mais qu’en plus des effectifs supplémentaires sont prévus.

Dès ce stade, les incertitudes surgissent. On sait que par rapport aux 10 000 postes prévus dans le projet socialiste de 2011 pour l’ensemble Justice, Gendarmerie, Police, le candidat Hollande, face aux contraintes budgétaires, n’a retenu que le principe de 5 000 postes. Au-delà, notamment lors de notre interview, aucune précision chiffrée n’a été avancée pour la Gendarmerie. Dans un courrier adressé à l’association Gendarmes et Citoyens, le sénateur François Rebsamen, chargé des questions de sécurité pendant la campagne électorale, était entré plus avant dans le détail, en indiquant un gain de 500 postes par an pendant cinq ans.

D’une manière générale, François Rebsamen et le député Jean-Jacques Urvoas s’étaient beaucoup investis ces dernières années sur le sujet Gendarmerie – qu’ils connaissent bien, en outre, dans le cadre de leurs mandats locaux – et avaient présenté divers projets.

Manuel Valls semble avoir une vision moins précise, mais on notera sa démarche équilibrée, dès le jour de sa prise de fonction, avec une longue visite à la brigade de gendarmerie de Mormant (77) avant de rencontrer les responsables d’autres directions du ministère.

Il semble ainsi difficile de s’appuyer intégralement aujourd’hui sur les intéressantes réflexions de MM. Urvoas et Rebsamen. Nous retiendrons donc les seules grandes lignes avancées directement par le Président, s’agissant de l’augmentation des effectifs, de l’amélioration de la concertation, du maintien absolu de la militarité de la Gendarmerie, mais sans retour au ministère de la Défense, et de la priorité donnée à la proximité par opposition à la politique du chiffre.

Dans une démarche globale qui promet d’être favorable, beaucoup de questions restent ainsi en suspens. En attendant qu’elles trouvent des réponses, la rédaction souhaite à M. Valls un franc succès dans ses nouvelles fonctions.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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