vendredi 24 mai 2019
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Edito du numéro 442

UNE ANNÉE CAPITALE QUI S’ANNONCE

La fin de l’année 2011 n’incite par les forces de l’ordre à développer un optimisme généralisé. C’est le moins que l’on puisse dire. Les raisons de ce constat sont multiples.

Tout d’abord, bien que la Gendarmerie soit épargnée, les critiques formulées à l’encontre de défenseurs de l’ordre ayant “franchi la ligne blanche” sont fort désagréables. On a beau insister sur le fait que ces erreurs sont minoritaires et que, comparativement à d’autres pays, les forces de police françaises méritent leur bonne réputation, il n’en demeure pas moins qu’on n’empêchera jamais les amalgames.

Dans le même temps, la dangerosité du métier est mise en relief par le nombre élevé de décès ou blessures par balles, alors que les injures contre les policiers sont en croissance exponentielle. Et pour finir d’assombrir le tableau, la vulgarisation de la fameuse kalachnikov dans certains quartiers est pour le moins alarmante. Ce ne sont pas les quelques fusils à pompe attribués aux BAC qui impressionneront les nouveaux bandits sans peur et sans code d’honneur.

Par ailleurs, au sein de la Gendarmerie, une initiative peut prêter à confusion, et même inquiéter. On sait que, depuis la fameuse circulaire Mourier du 11 mai 1987, les gendarmes ont le droit d’instrumenter en police judiciaire “revêtus de leur tenue civile”.

On se souvient de la polémique qui avait alors éclaté. Le ministre de la Défense, “patron” de la Gendarmerie à cette époque, avait clos le débat en rappelant que l’instruction de 1987 avait pour objet de définir les conditions du port de la tenue civile, en le limitant à certaines missions de police judiciaire et en précisant les modalités selon lesquelles cette autorisation pouvait être donnée.

Or, la Direction générale de la Gendarmerie  se livre en ce moment à un expérimentation très discrète, dont il nous faut témoigner. Ainsi, dans l’Hérault, deux adolescents qui tentaient de détrousser des automobilistes se sont trouvés en face de gendarmes en civil dans un véhicule banalisé, qui bien entendu les ont interpellés.

Il s’agissait de gendarmes du Psig (Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie) ayant pour mission de faire face à une recrudescence de vols à la roulotte. On sait que, déjà, des motocyclistes patrouillent, également en civil, pour traquer les contrevenants en toute discrétion. Mais la mise en place de Psig en civil serait en cours d’étude, en vue d’une extension future, un peu dans l’esprit des BAC (Brigades anticriminalité) de la Police nationale.

Des esprits prudents, pléonasme pour désigner des anciens officiers de l’Arme, ne manquent pas de faire remarquer qu’après les Umir (Unités mixtes d’intervention rapide), on risque de franchir une nouvelle étape en direction de l’assimilation à la Police qui, logiquement, devrait se terminer par une fusion que d’aucuns n’hésitent pas à considérer comme programmée. La Direction de la Gendarmerie, consultée par nos soins sur ce projet, n’a pas souhaité répondre.

Pour synthétiser, les forces de l’ordre, toutes institutions confondues, sont soumises à des pressions croissantes pour obtenir des résultats, alors que la Révision générale des politiques publiques (RGPP), la baisse des crédits de fonctionnement et la stagnation des traitements accumulent les sources de morosité. Tout cela sans oublier ce constat terrible : le nombre de suicides des défenseurs des droits et des citoyens est en progression constante.

Il faut néanmoins envisager l’avenir, surtout au seuil d’une année qui sera électoralement primordiale. Ne nous leurrons pas, nous allons récolter un nombre important de promesses, d’affirmations, de projets, présentés tous comme crédibles, réalisables, sinon en cours de réalisation. Et ce ne sont pas les déceptions qui manqueront.

Alors, que nous reste-t-il pour éviter de tomber dans la morosité ?

D’abord, il nous faut garder confiance en notre communauté gendarmique qui, rassemblant les anciens et les nouveaux, doit rester ce modèle d’entraide et de soutien que nous devons renforcer, dans un esprit de camaraderie et de compréhension réciproque.
Et puis, il convient d’afficher notre détermination à obtenir tous les moyens indispensables pour affirmer notre volonté de remplir au mieux notre mission de protection de nos concitoyens.

Dans cette perspective, “L’Essor”, pionnier de la spécificité gendarmique, souhaite à tous, tout simplement, une véritable bonne année.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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