samedi 20 juillet 2019
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Edito du numéro 439

UN COMBLE !

La récente désignation du Raid et de la CRS pour assurer la protection du président de la République en Libye, un pays en état de guerre, suscite à plus d’un titre,  à “L’Essor” et chez bon nombre de nos gendarmes, un grand étonnement. D’abord, en France, le dualisme des forces de l’ordre, destiné à assurer une meilleure protection des citoyens dans un Etat démocratique, juxtapose deux forces de statut différent, à savoir la Police et la Gendarmerie.

La Gendarmerie, de statut militaire, est notamment sollicitée pour les opérations extérieures qui demandent un entraînement particulier, une formation vraiment spécifique. La protection du président de la République en Libye aurait donc dû être confiée à la gendarmerie mobile, car c’est une mission typiquement de sa compétence. Mais le Président, dans le droit fil du remplacement des gendarmes du GSPR (Groupe de sécurité du président de la République) par des fonctionnaires de Police au tout début de son mandat, réitère ses préférences. Une fois de plus, il choisit les policiers plutôt que les gendarmes, sans tenir compte des attributions des uns et des autres.

Par ailleurs, dans un temps où le gouvernement prêche l’économie, on aurait pu éviter de faire venir le Raid,  le GIGN étant déjà à Bendhazi. En outre, les CRS, estimant que ce déplacement ne leur incombait pas, ont fait exiger par leur syndicat une prime de compensation… une coquette somme de 500 euros par “tête de pipe”, et cela pour seulement quelques heures de mission. Une prime qu’on leur a, bien sûr, accordée, alors que les gendarmes mobiles, dont c’était la mission ordinaire, n’auraient pas coûté le moindre sou aux contribuables.

Compte tenu des déficits en cours, on aurait pu faire l’économie de cette dépense ! Enfin, cette préférence du Président  pour les forces de Police laisse à penser aux gendarmes que, en dépit des affirmations gouvernementales, l’avenir de la Gendarmerie en tant que telle n’est pas garanti. C’est pourquoi il conviendra, dans la campagne électorale qui s’annonce, que les candidats utilisent des arguments crédibles et forts sur le devenir de cette Institution à laquelle, rappelons-le, les Français sont très attachés.

Jean-Claude Seguin, rédacteur en chef.

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